Mes recherches se concentrent sur le versant social du métabolisme urbain : en mobilisant des outils d’analyse de l’anthropologie des techniques (Leroi-Gourhan, Lemonnier), j’étudie le fonctionnement matériel puis social des services urbains de gestion des flux de matières et d’énergie – notamment le grand réseau technique des déchets et les dispositifs alternatifs de compostage collectif. Centralisés ou décentralisés, ces services sont considérés comme des techniques, c’est-à-dire des intermédiaires entre les acteurs (usagers, institutions, acteurs économiques) et leur environnement biophysique. Les services urbains constituent ainsi un objet théorique et analytique permettant de décrypter les relations entre les villes et leur environnement et de réinterroger les besoins fondamentaux des citadins. Les services sont enfin, au plan opérationnel, des marqueurs ou des leviers de transformation des modes de vie.
Mes objets de recherche – des techniques plus ou moins low-tech, mises en œuvre par des acteurs plus ou moins institutionnels ou informels – me conduisent aussi à interroger la question des savoirs techniques, notamment la reconfiguration des relations entre savoirs scientifiques, savoirs experts et vernaculaires en contexte de transition.