yasmine.bellouch@etu.univ-tours.fr
Directeur(s) de thèse: Carabelli Romeo
Date de soutenance : 20/12/2023
Résumé :
Quelques années après l’indépendance du Maroc, alors que les questions de « décolonisation » sont encore bien présentes, un séisme détruit la presque totalité de la ville d’Agadir. Le cas de sa reconstruction est pour nous un point de départ pour étudier un épisode de l’histoire du Maroc.
À partir de l’étude d’archives, principalement marocaines, et un travail de terrain, nous écrivons l’histoire de cet épisode afin de comprendre le lien entre l’architecture et l’urbanisme d’une part et la construction d’un pays et de sa politique d’une autre. Nous proposons de faire une lecture de ce moment décolonial de l’histoire afin de mettre en avant des initiatives, certes ponctuelles mais importantes, dans la construction de l’identité d’indépendance d’un pays et de remise en question des savoirs coloniaux.
La reconstruction d’Agadir a été la mise en œuvre d’une approche de la conception de l’espace d’une société et a également marqué la concrétisation d’un projet d’indépendance nationaliste où l’État avait décidé de s’engager pour promouvoir sa nouvelle image à l’étranger. Ainsi, dans notre recherche nous révélons ce moment d’expérimentation et de décolonisation des savoirs par une nouvelle génération d’architectes et d’urbanistes, sous l’égide d’un royaume tourné vers la modernité.
En reliant la création d’une ville aux enjeux géopolitiques de l’époque, nous mettons en lumière l’influence que peut avoir un contexte et une politique sur un projet d’urbanisme et d’architecture. Cet épisode et cette conception de ville ont toute leur légitimité dans l’histoire de la modernité politique et architecturale.