LAT
Ăquipe Laboratoire ArchĂ©ologie et Territoires
PrĂ©sentation de l’Ă©quipe LAT
Responsable : Philippe Husi
Le LAT constitue lâun des principaux pĂŽles de recherche en archĂ©ologie mĂ©tropolitaine, de la PrĂ©histoire rĂ©cente Ă lâEpoque Moderne. Depuis sa crĂ©ation en 1992, il regroupe des archĂ©ologues et des historiens autour de lâĂ©tude des relations des sociĂ©tĂ©s du passĂ© Ă lâespace. Comment sâarticule lâinscription des sociĂ©tĂ©s dans un environnement et leur propre production dâespace construit ? Quels sont les systĂšmes de production, dâĂ©changes et de consommation Ă lâĆuvre ? LâoriginalitĂ© de la dĂ©marche du LAT est dâaborder ces questions en croisant les sources et les approches des sciences historiques dans la longue durĂ©e. LâĂ©tude diachronique des transformations des sociĂ©tĂ©s de la Protohistoire Ă nos jours sâappuie sur de nombreuses collaborations avec des disciplines des sciences humaines et sociales (gĂ©ographie, amĂ©nagement, droit, Ă©conomie) et au-delĂ (gĂ©ologie, biologie, Ă©cologie, informatique, mathĂ©matique). Le LAT a nouĂ© des collaborations nationales et internationales Ă travers une approche interdisciplinaire dans le cadre de projets et rĂ©seaux nationaux et internationaux (ANR, Europe, RĂ©gion, GDR, Consortiums HN), mais aussi en accueillant des chercheurs français et Ă©trangers. En outre, le LAT est conventionnĂ© avec lâInrap (Institut national de recherches archĂ©ologiques prĂ©ventives). Par ailleurs, lâimplication de chercheurs du laboratoire dans des programmes de recherches archĂ©ologiques Ă lâĂ©tranger se traduit par dâĂ©troites collaborations notamment avec lâEFEO sur la ville dâAngkor Thom (Cambodge).
Le LAT est impliquĂ© dans de nombreux rĂ©seaux aux niveaux national et international. Il pilote le rĂ©seau dâInformation sur la CĂ©ramique MĂ©diĂ©vale et Moderne (Iceramm) et est co-porteur du Consortium MĂ©moire des ArchĂ©ologues et des Sites ArchĂ©ologiques (MASA) labellisĂ© par la TrĂšs Grande Infrastructure de Recherche Huma-Num en relation avec la Maison des Sciences de lâHomme Val-de-Loire.
Les spĂ©cificitĂ©s du LAT sont sa pratique de lâarchĂ©ologie mĂ©tropolitaine de la Protohistoire au Moyen Ăge, lâarchĂ©ologie urbaine, son approche spatiale dans la longue durĂ©e, le croisement des sources, les rĂ©flexions Ă©pistĂ©mologiques et mĂ©thodologiques et lâarchĂ©omatique. Plus largement, le LAT accueille la formation dâarchĂ©ologie de lâUniversitĂ© de Tours et est lâĂ©quipe dâadossement du parcours « MĂ©tiers de lâArchĂ©ologie et ArchĂ©omatique » au sein du Master « Master Histoire, Civilisation, Patrimoine » de lâĂcole supĂ©rieure en Intelligence des Patrimoines de lâUniversitĂ© de Tours. Grace Ă la prĂ©sence Ă lâUniversitĂ© de Tours du seul poste de MaĂźtre de confĂ©rences en archĂ©ozoologie, en dehors de ceux du MusĂ©um national dâhistoire naturelle, le LAT a investi dans la constitution dâune ostĂ©othĂšque.
Le programme du LAT est structuré en quatre axes. Les trois premiers axes sont thématiques, fondés sur la production de données primaires et le quatriÚme, méthodologique, est transversal au trois autres :
Axe 1 (« Villages, villes et territoires »)
Responsable scientifique : Florian Baret et Jean-Philippe Chimier.
Cet axe regroupe les recherches sur la fabrique de lâespace par les sociĂ©tĂ©s dans une double perspective diachronique et multi-scalaire. Il est le cadre de production des donnĂ©es archĂ©ologiques nouvelles livrĂ©es par les travaux de terrain des membres de lâĂ©quipe (fouilles et prospections en France et Ă lâĂ©tranger). Son large pĂ©rimĂštre couvre dâabord toute la succession des formes et des cadres de lâhabitat, de lâunitĂ© fonctionnelle au territoire en passant par lâensemble des marqueurs du dĂ©veloppement (ville, habitat rural, habitat groupĂ©, lieu de culte, voie de communicationâŠ) qui constituent Ă chaque pĂ©riode un des rĂ©seaux hiĂ©rarchisĂ©s Ă mettre en Ă©vidence. Il couvre ensuite les conditions environnementales dans lesquelles se dĂ©ploient les sociĂ©tĂ©s, en tenant compte de tous les Ă©lĂ©ments constituant les terroirs anthropisĂ©s depuis le NĂ©olithique. Les interactions sociĂ©tĂ©s/milieux sont interrogĂ©es afin dâaborder les dynamiques de lâhabitat et la fabrique du paysage dans le temps long selon diffĂ©rentes Ă©chelles spatiales. Toutefois, quelques thĂ©matiques seront privilĂ©giĂ©es afin de mieux percevoir la complexitĂ© des analyses Ă conduire pour rendre compte des transformations des habitats, des territoires et des rĂ©seaux en perpĂ©tuelle interaction.
Axe 2 (« Archéologie de la construction »)
Responsables : Frédéric Epaud et Thomas Pouyet
Lâaxe 2 porte sur lâĂ©tude de lâarchitecture et des techniques de construction de la Protohistoire Ă lâĂ©poque moderne. Il sâattache Ă lâanalyse des procĂ©dĂ©s de mise en Ćuvre des matĂ©riaux (bois, pierre, terre cuiteâŠ) et des processus motivant lâĂ©volution architecturale des monuments de lâarchitecture civile, religieuse et militaire. Ces travaux portent aussi bien sur des constructions en bois ou en pierre que sur celles utilisant une mixitĂ© de matĂ©riaux. Lâobjectif de ces recherches est de comprendre lâĂ©volution des techniques de mise en Ćuvre des matĂ©riaux de construction, et des transformations stylistiques et formelles des architectures sur le temps long. Les mĂ©thodes dâinvestigation relĂšvent de lâarchĂ©ologie du bĂąti, la fouille, lâhistoire de lâart, la recherche archivistique, lâarchĂ©ologie expĂ©rimentale et lâethnoarchĂ©ologie. Certaines approches, comme la tracĂ©ologie, portent la rĂ©flexion sur le travail manuel et la gestuelle des artisans, lâemploi des outils ou lâorganisation des chantiers.
Archéologie de la construction en bois
LâarchĂ©ologie de la construction en bois (charpentes de comble, pans de bois, fondations, architectures Ă poteaux plantĂ©s) est abordĂ©e de maniĂšre diachronique. Une part importante de ces recherches traite, principalement pour le Moyen Ăge, des questions touchant au bois dâĆuvre (bois utilisĂ©s, ressources forestiĂšres, sylvicultureâŠ), aux techniques de charpenterie (taille des bois, marquages, outils, tracĂ©s dâĂ©pureâŠ) ainsi quâĂ lâĂ©volution des structures de charpentes de lâarchitecture romane et gothique.
Projet Notre-Dame
Lâobjectif est dâĂ©tudier les forĂȘts et leur gestion au Moyen Ăge Ă travers lâanalyse des bois utilisĂ©s en grande quantitĂ© aux 11e-13e siĂšcles dans les charpentes de cathĂ©drales, notamment dans le cadre du Projet Notre-Dame.
Charpentes romanes et gothiques
Les travaux dĂ©jĂ engagĂ©s, comme lâinventaire des charpentes sur des monuments romans et gothiques majeurs (cathĂ©drales) et mineurs (Ă©glises rurales) associĂ© Ă des analyses dendrochronologiques, permettent de dĂ©finir des jalons tant sur le plan des techniques de charpenterie que sur celui de lâĂ©volution de lâarchitecture tout matĂ©riaux confondus.
Architecture antique et médiévale
Lâarchitecture antique et mĂ©diĂ©vale des Ă©difices publics et privĂ©s en pierre constitue un autre volet de lâaxe 2. Les recherches portent sur lâĂ©tude des matĂ©riaux, le chantier de construction et lâĂ©volution de lâarchitecture religieuse, militaire et civile.
Axe 3 (« Pratiques sociales, alimentaires et aires culturelles »)
Responsables : Marie-Pierre Horard-Roure et Francesca Di Napoli
Lâobjectif de lâaxe 3 est la comprĂ©hension diachronique des mĂ©canismes sociaux, Ă©conomiques et culturels Ă travers lâĂ©tude des phĂ©nomĂšnes de production, dâinnovation, de savoir-faire, de mode, de concurrence, de rituel et de croyances. FondĂ©e sur lâaccumulation de donnĂ©es robustes produites par des travaux de longue haleine, lâoriginalitĂ© de ces recherches rĂ©side dans lâanalyse fine de donnĂ©es mobiliĂšres volumineuses (artefact et ecofact) qui permet dâaborder la dĂ©finition, la transformation et la spatialisation des pratiques. Cette dĂ©marche implique une approche interdisciplinaire, multi-scalaire et modĂ©lisatrice nĂ©cessaire Ă lâĂ©tude de sources matĂ©rielles en masse.
Les sources mobilisĂ©es sont dâune part la cĂ©ramique et les ossements animaux, dâautre part les autres types de mobilier (pierre, mĂ©tal, verrerie, objets, terres cuites architecturales) indispensables Ă une rĂ©flexion plus gĂ©nĂ©rale sur les pratiques sociales et les aires culturelles. Enfin, lâĂ©tude systĂ©matique de grandes sĂ©ries de sĂ©pultures pour comprendre le geste funĂ©raire et la structuration des lieux dâinhumation dans la longue durĂ©e permet Ă©galement de caractĂ©riser des identitĂ©s sociales Ă travers le monde des morts.
Les recherches en archĂ©ozoologie, fondĂ©es sur des Ă©tudes monographiques de contextes funĂ©raires ou dâhabitat et des partenariats avec le GDR 3644 BioarchĂ©odat, lâĂ©cole vĂ©tĂ©rinaire de Nantes et lâUMR ArchĂ©ozoologie et ArchĂ©obotanique (MNHM), portent dâune part sur les processus de production de lâĂ©levage et dâautre part sur lâĂ©volution du statut et de la morphologie de certaines espĂšces. Lâenjeu est dâaborder la relation Homme/Animal par les changements des pratiques dâĂ©levage, des techniques bouchĂšres et de lâalimentation carnĂ©e depuis lâĂąge du Fer. Le cochon, par exemple, est un bon rĂ©vĂ©lateur des pratiques et des choix culturels. Le coq quant Ă lui est abordĂ© dâun point de vue morphologique pour Ă©tudier la discrimination des sexes et dĂ©tecter lâapparition de races spĂ©cifiques toujours prĂ©sentes. Le chien et le cheval sont deux espĂšces particuliĂšrement proches de lâhomme dont le statut symbolique change Ă travers le temps et dont lâĂ©tude des morphotypes permet, entre autres, dâaborder la question des tabous alimentaires.
Les pratiques alimentaires sont Ă©galement traitĂ©es selon des approches interdisciplinaires, par exemple par le recours Ă la biochimie (analyses biomolĂ©culaires, isotopiques), afin de caractĂ©riser les systĂšmes dâacquisition, dâĂ©laboration, de transformation, de distribution et de consommation. Les travaux sur les contenants en cĂ©ramique et leur contenu, lâalimentation carnĂ©e et la viticulture sont menĂ©s en collaborations avec le pĂŽle alimentation de lâUniversitĂ© François-Rabelais, le pĂŽle avicole de lâINRA Centre-Val de Loire et le VinOpĂŽle. Lâobjectif est de sâintĂ©resser aux implications sociales, Ă©conomiques, culturelles et territoriales des choix et des pratiques alimentaires.
Les principaux rĂ©sultats acquis sur la transformation des pratiques sociales et des aires culturelles Ă partir des produits manufacturĂ©s concernent la caractĂ©risation dâaires culturelles entre le haut Moyen Ăge et la pĂ©riode moderne (8 e -17 e siĂšcle) Ă partir de la cĂ©ramique. Lâanalyse de donnĂ©es volumineuses Ă lâĂ©chelle du bassin de la Loire moyenne a permis dâidentifier deux grandes aires culturelles (Nord-Est et Sud-Ouest) constituĂ©es de plus petites entitĂ©s Ă©conomiques en relations Ă©troites avec les principaux centres de consommation urbains, cette bipartition sâinscrivant dans la longue durĂ©e, puisquâelle perdure au moins du 8e au 15e s.
Sur ce plan, lâobjectif est de poursuivre les recherches Ă lâĂ©chelle des aires culturelles du Centre-Ouest de la France dans la trĂšs longue durĂ©e par lâexploitation de nouvelles donnĂ©es cĂ©ramiques en y intĂ©grant les autres sources mobiliĂšres (verre, mĂ©tal, objetsâŠ) et en Ă©largissant la fourchette chronologique aux pĂ©riodes plus anciennes (nĂ©olithique, protohistorique et AntiquitĂ© romaine). Le rĂ©seau ICERAMM, qui fĂ©dĂšre les mĂ©thodes et les recherches sur la cĂ©ramique mĂ©diĂ©vale et moderne Ă lâĂ©chelle europĂ©enne, permet dâaccroĂźtre la portĂ©e de lâĂ©tude des aires culturelles Ă un vaste Nord-Ouest de lâEurope.
Axe 4 (« Archéomatique »)
Responsables : Olivier Marlet et Jean-Baptiste Rigot
LâarchĂ©omatique, entendue comme lâinformatisation des processus de la recherche archĂ©ologique du terrain Ă la publication, est le pilier mĂ©thodologique de lâĂ©quipe. Ă partir des travaux engagĂ©s de longue date sur lâinformatisation des protocoles dâacquisition, de traitement et de publication des donnĂ©es ainsi que sur la numĂ©risation des archives de fouilles, lâobjectif de cet axe est de maintenir une recherche de haut niveau interrogeant tant lâinstrumentation que les paradigmes de la discipline afin dâenvisager les dĂ©veloppements nĂ©cessaires Ă lâarchĂ©ologie du futur. Les Ă©tudiants de master et de doctorat sont formĂ©s Ă la recherche et Ă son instrumentation de telle sorte quâils dĂ©veloppent des compĂ©tences leur permettant de maĂźtriser lâintĂ©gralitĂ© des protocoles dâacquisition et de traitement des donnĂ©es quâils manipulent.
LâarchĂ©omatique est par dĂ©finition transverse aux trois axes prĂ©cĂ©dents. Elle est le lieu de production de la recherche mĂ©thodologique Ă la fois appuyĂ©e sur les axes et les projets et dĂ©ployĂ©e dans ceux-ci. Elle contient Ă©galement des projets de recherche spĂ©cifiques comme les travaux sur lâinteropĂ©rabilitĂ© des systĂšmes dâinformation archĂ©ologique et leur inscription dans le web sĂ©mantique, le dĂ©veloppement de modĂšles de publications Ă©lectroniques et la modĂ©lisation de lâinformation archĂ©ologique.
Le LAT sâest dotĂ© dâoutils de traitement et de systĂšmes dâinformation appropriĂ©s Ă ses programmes de recherche et dĂ©veloppĂ©s avec la double volontĂ© dâintĂ©gration de la rigueur des mĂ©thodes implĂ©mentĂ©es et de rĂ©utilisation par la communautĂ© archĂ©ologique. Lâinformatisation des protocoles nĂ©cessite une rĂ©flexion fondamentale sur les implications de la dĂ©matĂ©rialisation des donnĂ©es dans la production de connaissances archĂ©ologiques.
AprĂšs sa mise en ligne durant le contrat prĂ©cĂ©dent, la poursuite du dĂ©veloppement du systĂšme dâinformation archĂ©ologique ArSol (Archives du Sol) rĂ©pond Ă deux enjeux. Le premier est la dĂ©matĂ©rialisation de la totalitĂ© de lâenregistrement stratigraphique afin dâintĂ©grer au plus tĂŽt les donnĂ©es dans le systĂšme dâinformation et de bĂ©nĂ©ficier des contrĂŽles de cohĂ©rence et de la mise en relation avec lâensemble des donnĂ©es de la fouille sur le terrain. Lâobjectif est de faciliter la mise en Ćuvre des donnĂ©es pour lâĂ©tude post-fouille ainsi que lâadministration de la preuve depuis les publications mais surtout cette dĂ©marche permet de disposer sur le terrain de lâensemble des donnĂ©es utiles Ă lâinterprĂ©tation. Lâimpact porte donc sur le processus dâinterprĂ©tation lors de la fouille, autrement dit sur le raisonnement archĂ©ologique. Le second concerne la publication des donnĂ©es dans le web sĂ©mantique selon une interopĂ©rabilitĂ© complĂšte. LâinteropĂ©rabilitĂ© est un objectif partagĂ© pour toutes les bases de donnĂ©es du LAT dont le niveau dâavancement a Ă©tĂ© mesurĂ© sur lâĂ©chelle des Five Stars Linked Open Data et les principes FAIR (donnĂ©es Faciles Ă trouver, Accessibles, InteropĂ©rables et RĂ©utilisable) afin dâĂ©valuer ce quâil reste Ă faire. Lâambition dans ce domaine est de contribuer Ă lâĂ©mergence dâun secteur de donnĂ©es patrimoniales dans le « nuage des donnĂ©es liĂ©es » (Linked Open Data Cloud). LâexpĂ©rience que nous menons avec ArSol, au sein du consortium MASA (MĂ©moire des ArchĂ©ologues et des Sites ArchĂ©ologiques) de la TGIR Huma-Num, afin de publier les donnĂ©es via lâontologie de domaine pour les donnĂ©es du patrimoine du CIDOC-CRM (ISO 21127), est Ă©tendue Ă dâautres systĂšmes. ArSol est ainsi accessible sur le web sĂ©mantique via la plateforme OpenArchaeo du consortium MASA. Les systĂšmes dâinformation, leur interopĂ©rabilitĂ©, la publication des donnĂ©es sur le web sont autant dâĂ©lĂ©ments qui contribuent Ă lâavenir de la publication archĂ©ologique par de nouveaux modes dâĂ©dition fondĂ©s sur la connexion dâarticles de synthĂšse aux preuves contenues dans les bases de donnĂ©es.
La modĂ©lisation des dynamiques spatiales, fondĂ©e sur une approche systĂ©mique de la production dâespace par les sociĂ©tĂ©s, sâappuie sur les travaux des gĂ©ographes augmentĂ©s de collaborations Ă©troites avec les archĂ©ologues et concerne plus largement plusieurs des disciplines des Sciences Humaines et Sociales. LâĂ©tude des dynamiques spatiales implique une attention particuliĂšre Ă la dimension temporelle pour laquelle les outils de reprĂ©sentation et dâanalyse sont Ă Ă©laborer Ă lâinstar de ceux de lâanalyse spatiale.
Enfin, une recherche interdisciplinaire entre archĂ©ologues et statisticiens est Ă lâorigine de dĂ©veloppement de mĂ©thodes et dâoutils dĂ©diĂ©s Ă lâanalyse des donnĂ©es mobiliĂšres volumineuses. Les outils implĂ©mentĂ©s Ă partir de modĂšles archĂ©o-statistiques concernent la datation (ceraRdate), la pĂ©riodisation (hclustcompro) et la spatialisation (mapclust) rĂ©alisĂ©s dans le cadre du projet SPARTAAS.
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Soutenance de thĂšse de De Rose Isabelle
le 12 avril 2009
Journée recherche doctorale IPA-PE
La journĂ©e se dĂ©roulerait en deux temps : – la matinĂ©e serait rĂ©servĂ©e Ă la prĂ©sentation de l’Ă©tat d’avancement deâŠ
SĂ©minaire d’archĂ©ologie de la rĂ©gion Centre : DĂ©tection, caractĂ©risation et fouille des sites nĂ©olithiques
MusĂ©um d’OrlĂ©ans (2 rue Marcel Proust)9h00 Ă 18h00
Entre le paysage-existence et le paysage-expérience, le paysage-itinérance
MSH (33 allĂ©e Ferdinand de Lesseps – Salle de rĂ©union du 1er Ă©tage)9h30
JournĂ©e dâĂ©tude : Espaces entre-deux et situations intermĂ©diaires. Regards croisĂ©s de juristes et de gĂ©ographes
MSH, Salle de rĂ©union du 2Ăšme Ă©tage (33 allĂ©e Ferdinand de Lesseps – 37200 Tours)10h-12h/14h-16h30
Introduction Ă lâhistoire de lâempire Ottoman
UniversitĂ© de Tours – UFR de droit – Salle B00517h
JUDAĂSME, ECOLE ET MISSION EN MĂDITERRANĂE Ă LâHEURE COLONIALE (DE 1880 AUX ANNĂES 1960)
MSH – DĂ©partement amĂ©nagement – Salle 211 – 2Ăšme Ă©tage (33 allĂ©e Ferdinand de Lesseps – 37200 Tours)
Soutenance de thĂšse de Bonnefond Mathieu
UFR de Pharmacie – Salle des thĂšses, Parc Grandmont, le 24 mars 2009, 9h00
Soutenance de thĂšse de Michel d’Annoville Caroline
5e étage de la BibliothÚque Universitaire, 3 rue des Tanneurs, Tours, le 23 mars 2009, 14h00
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PrĂ©sentation de l’Ă©quipe LAT
Responsable : Philippe Husi
Le LAT constitue lâun des principaux pĂŽles de recherche en archĂ©ologie mĂ©tropolitaine, de la PrĂ©histoire rĂ©cente Ă lâEpoque Moderne. Depuis sa crĂ©ation en 1992, il regroupe des archĂ©ologues et des historiens autour de lâĂ©tude des relations des sociĂ©tĂ©s du passĂ© Ă lâespace. Comment sâarticule lâinscription des sociĂ©tĂ©s dans un environnement et leur propre production dâespace construit ? Quels sont les systĂšmes de production, dâĂ©changes et de consommation Ă lâĆuvre ? LâoriginalitĂ© de la dĂ©marche du LAT est dâaborder ces questions en croisant les sources et les approches des sciences historiques dans la longue durĂ©e. LâĂ©tude diachronique des transformations des sociĂ©tĂ©s de la Protohistoire Ă nos jours sâappuie sur de nombreuses collaborations avec des disciplines des sciences humaines et sociales (gĂ©ographie, amĂ©nagement, droit, Ă©conomie) et au-delĂ (gĂ©ologie, biologie, Ă©cologie, informatique, mathĂ©matique). Le LAT a nouĂ© des collaborations nationales et internationales Ă travers une approche interdisciplinaire dans le cadre de projets et rĂ©seaux nationaux et internationaux (ANR, Europe, RĂ©gion, GDR, Consortiums HN), mais aussi en accueillant des chercheurs français et Ă©trangers. En outre, le LAT est conventionnĂ© avec lâInrap (Institut national de recherches archĂ©ologiques prĂ©ventives). Par ailleurs, lâimplication de chercheurs du laboratoire dans des programmes de recherches archĂ©ologiques Ă lâĂ©tranger se traduit par dâĂ©troites collaborations notamment avec lâEFEO sur la ville dâAngkor Thom (Cambodge).
Le LAT est impliquĂ© dans de nombreux rĂ©seaux aux niveaux national et international. Il pilote le rĂ©seau dâInformation sur la CĂ©ramique MĂ©diĂ©vale et Moderne (Iceramm) et est co-porteur du Consortium MĂ©moire des ArchĂ©ologues et des Sites ArchĂ©ologiques (MASA) labellisĂ© par la TrĂšs Grande Infrastructure de Recherche Huma-Num en relation avec la Maison des Sciences de lâHomme Val-de-Loire.
Les spĂ©cificitĂ©s du LAT sont sa pratique de lâarchĂ©ologie mĂ©tropolitaine de la Protohistoire au Moyen Ăge, lâarchĂ©ologie urbaine, son approche spatiale dans la longue durĂ©e, le croisement des sources, les rĂ©flexions Ă©pistĂ©mologiques et mĂ©thodologiques et lâarchĂ©omatique. Plus largement, le LAT accueille la formation dâarchĂ©ologie de lâUniversitĂ© de Tours et est lâĂ©quipe dâadossement du parcours « MĂ©tiers de lâArchĂ©ologie et ArchĂ©omatique » au sein du Master « Master Histoire, Civilisation, Patrimoine » de lâĂcole supĂ©rieure en Intelligence des Patrimoines de lâUniversitĂ© de Tours. Grace Ă la prĂ©sence Ă lâUniversitĂ© de Tours du seul poste de MaĂźtre de confĂ©rences en archĂ©ozoologie, en dehors de ceux du MusĂ©um national dâhistoire naturelle, le LAT a investi dans la constitution dâune ostĂ©othĂšque.
Le programme du LAT est structuré en quatre axes. Les trois premiers axes sont thématiques, fondés sur la production de données primaires et le quatriÚme, méthodologique, est transversal au trois autres :
Axe 1 (« Villages, villes et territoires »)
Responsable scientifique : Florian Baret et Jean-Philippe Chimier.
Cet axe regroupe les recherches sur la fabrique de lâespace par les sociĂ©tĂ©s dans une double perspective diachronique et multi-scalaire. Il est le cadre de production des donnĂ©es archĂ©ologiques nouvelles livrĂ©es par les travaux de terrain des membres de lâĂ©quipe (fouilles et prospections en France et Ă lâĂ©tranger). Son large pĂ©rimĂštre couvre dâabord toute la succession des formes et des cadres de lâhabitat, de lâunitĂ© fonctionnelle au territoire en passant par lâensemble des marqueurs du dĂ©veloppement (ville, habitat rural, habitat groupĂ©, lieu de culte, voie de communicationâŠ) qui constituent Ă chaque pĂ©riode un des rĂ©seaux hiĂ©rarchisĂ©s Ă mettre en Ă©vidence. Il couvre ensuite les conditions environnementales dans lesquelles se dĂ©ploient les sociĂ©tĂ©s, en tenant compte de tous les Ă©lĂ©ments constituant les terroirs anthropisĂ©s depuis le NĂ©olithique. Les interactions sociĂ©tĂ©s/milieux sont interrogĂ©es afin dâaborder les dynamiques de lâhabitat et la fabrique du paysage dans le temps long selon diffĂ©rentes Ă©chelles spatiales. Toutefois, quelques thĂ©matiques seront privilĂ©giĂ©es afin de mieux percevoir la complexitĂ© des analyses Ă conduire pour rendre compte des transformations des habitats, des territoires et des rĂ©seaux en perpĂ©tuelle interaction.
Axe 2 (« Archéologie de la construction »)
Responsables : Frédéric Epaud et Thomas Pouyet
Lâaxe 2 porte sur lâĂ©tude de lâarchitecture et des techniques de construction de la Protohistoire Ă lâĂ©poque moderne. Il sâattache Ă lâanalyse des procĂ©dĂ©s de mise en Ćuvre des matĂ©riaux (bois, pierre, terre cuiteâŠ) et des processus motivant lâĂ©volution architecturale des monuments de lâarchitecture civile, religieuse et militaire. Ces travaux portent aussi bien sur des constructions en bois ou en pierre que sur celles utilisant une mixitĂ© de matĂ©riaux. Lâobjectif de ces recherches est de comprendre lâĂ©volution des techniques de mise en Ćuvre des matĂ©riaux de construction, et des transformations stylistiques et formelles des architectures sur le temps long. Les mĂ©thodes dâinvestigation relĂšvent de lâarchĂ©ologie du bĂąti, la fouille, lâhistoire de lâart, la recherche archivistique, lâarchĂ©ologie expĂ©rimentale et lâethnoarchĂ©ologie. Certaines approches, comme la tracĂ©ologie, portent la rĂ©flexion sur le travail manuel et la gestuelle des artisans, lâemploi des outils ou lâorganisation des chantiers.
Archéologie de la construction en bois
LâarchĂ©ologie de la construction en bois (charpentes de comble, pans de bois, fondations, architectures Ă poteaux plantĂ©s) est abordĂ©e de maniĂšre diachronique. Une part importante de ces recherches traite, principalement pour le Moyen Ăge, des questions touchant au bois dâĆuvre (bois utilisĂ©s, ressources forestiĂšres, sylvicultureâŠ), aux techniques de charpenterie (taille des bois, marquages, outils, tracĂ©s dâĂ©pureâŠ) ainsi quâĂ lâĂ©volution des structures de charpentes de lâarchitecture romane et gothique.
Projet Notre-Dame
Lâobjectif est dâĂ©tudier les forĂȘts et leur gestion au Moyen Ăge Ă travers lâanalyse des bois utilisĂ©s en grande quantitĂ© aux 11e-13e siĂšcles dans les charpentes de cathĂ©drales, notamment dans le cadre du Projet Notre-Dame.
Charpentes romanes et gothiques
Les travaux dĂ©jĂ engagĂ©s, comme lâinventaire des charpentes sur des monuments romans et gothiques majeurs (cathĂ©drales) et mineurs (Ă©glises rurales) associĂ© Ă des analyses dendrochronologiques, permettent de dĂ©finir des jalons tant sur le plan des techniques de charpenterie que sur celui de lâĂ©volution de lâarchitecture tout matĂ©riaux confondus.
Architecture antique et médiévale
Lâarchitecture antique et mĂ©diĂ©vale des Ă©difices publics et privĂ©s en pierre constitue un autre volet de lâaxe 2. Les recherches portent sur lâĂ©tude des matĂ©riaux, le chantier de construction et lâĂ©volution de lâarchitecture religieuse, militaire et civile.
Axe 3 (« Pratiques sociales, alimentaires et aires culturelles »)
Responsables : Marie-Pierre Horard-Roure et Francesca Di Napoli
Lâobjectif de lâaxe 3 est la comprĂ©hension diachronique des mĂ©canismes sociaux, Ă©conomiques et culturels Ă travers lâĂ©tude des phĂ©nomĂšnes de production, dâinnovation, de savoir-faire, de mode, de concurrence, de rituel et de croyances. FondĂ©e sur lâaccumulation de donnĂ©es robustes produites par des travaux de longue haleine, lâoriginalitĂ© de ces recherches rĂ©side dans lâanalyse fine de donnĂ©es mobiliĂšres volumineuses (artefact et ecofact) qui permet dâaborder la dĂ©finition, la transformation et la spatialisation des pratiques. Cette dĂ©marche implique une approche interdisciplinaire, multi-scalaire et modĂ©lisatrice nĂ©cessaire Ă lâĂ©tude de sources matĂ©rielles en masse.
Les sources mobilisĂ©es sont dâune part la cĂ©ramique et les ossements animaux, dâautre part les autres types de mobilier (pierre, mĂ©tal, verrerie, objets, terres cuites architecturales) indispensables Ă une rĂ©flexion plus gĂ©nĂ©rale sur les pratiques sociales et les aires culturelles. Enfin, lâĂ©tude systĂ©matique de grandes sĂ©ries de sĂ©pultures pour comprendre le geste funĂ©raire et la structuration des lieux dâinhumation dans la longue durĂ©e permet Ă©galement de caractĂ©riser des identitĂ©s sociales Ă travers le monde des morts.
Les recherches en archĂ©ozoologie, fondĂ©es sur des Ă©tudes monographiques de contextes funĂ©raires ou dâhabitat et des partenariats avec le GDR 3644 BioarchĂ©odat, lâĂ©cole vĂ©tĂ©rinaire de Nantes et lâUMR ArchĂ©ozoologie et ArchĂ©obotanique (MNHM), portent dâune part sur les processus de production de lâĂ©levage et dâautre part sur lâĂ©volution du statut et de la morphologie de certaines espĂšces. Lâenjeu est dâaborder la relation Homme/Animal par les changements des pratiques dâĂ©levage, des techniques bouchĂšres et de lâalimentation carnĂ©e depuis lâĂąge du Fer. Le cochon, par exemple, est un bon rĂ©vĂ©lateur des pratiques et des choix culturels. Le coq quant Ă lui est abordĂ© dâun point de vue morphologique pour Ă©tudier la discrimination des sexes et dĂ©tecter lâapparition de races spĂ©cifiques toujours prĂ©sentes. Le chien et le cheval sont deux espĂšces particuliĂšrement proches de lâhomme dont le statut symbolique change Ă travers le temps et dont lâĂ©tude des morphotypes permet, entre autres, dâaborder la question des tabous alimentaires.
Les pratiques alimentaires sont Ă©galement traitĂ©es selon des approches interdisciplinaires, par exemple par le recours Ă la biochimie (analyses biomolĂ©culaires, isotopiques), afin de caractĂ©riser les systĂšmes dâacquisition, dâĂ©laboration, de transformation, de distribution et de consommation. Les travaux sur les contenants en cĂ©ramique et leur contenu, lâalimentation carnĂ©e et la viticulture sont menĂ©s en collaborations avec le pĂŽle alimentation de lâUniversitĂ© François-Rabelais, le pĂŽle avicole de lâINRA Centre-Val de Loire et le VinOpĂŽle. Lâobjectif est de sâintĂ©resser aux implications sociales, Ă©conomiques, culturelles et territoriales des choix et des pratiques alimentaires.
Les principaux rĂ©sultats acquis sur la transformation des pratiques sociales et des aires culturelles Ă partir des produits manufacturĂ©s concernent la caractĂ©risation dâaires culturelles entre le haut Moyen Ăge et la pĂ©riode moderne (8 e -17 e siĂšcle) Ă partir de la cĂ©ramique. Lâanalyse de donnĂ©es volumineuses Ă lâĂ©chelle du bassin de la Loire moyenne a permis dâidentifier deux grandes aires culturelles (Nord-Est et Sud-Ouest) constituĂ©es de plus petites entitĂ©s Ă©conomiques en relations Ă©troites avec les principaux centres de consommation urbains, cette bipartition sâinscrivant dans la longue durĂ©e, puisquâelle perdure au moins du 8e au 15e s.
Sur ce plan, lâobjectif est de poursuivre les recherches Ă lâĂ©chelle des aires culturelles du Centre-Ouest de la France dans la trĂšs longue durĂ©e par lâexploitation de nouvelles donnĂ©es cĂ©ramiques en y intĂ©grant les autres sources mobiliĂšres (verre, mĂ©tal, objetsâŠ) et en Ă©largissant la fourchette chronologique aux pĂ©riodes plus anciennes (nĂ©olithique, protohistorique et AntiquitĂ© romaine). Le rĂ©seau ICERAMM, qui fĂ©dĂšre les mĂ©thodes et les recherches sur la cĂ©ramique mĂ©diĂ©vale et moderne Ă lâĂ©chelle europĂ©enne, permet dâaccroĂźtre la portĂ©e de lâĂ©tude des aires culturelles Ă un vaste Nord-Ouest de lâEurope.
Axe 4 (« Archéomatique »)
Responsables : Olivier Marlet et Jean-Baptiste Rigot
LâarchĂ©omatique, entendue comme lâinformatisation des processus de la recherche archĂ©ologique du terrain Ă la publication, est le pilier mĂ©thodologique de lâĂ©quipe. Ă partir des travaux engagĂ©s de longue date sur lâinformatisation des protocoles dâacquisition, de traitement et de publication des donnĂ©es ainsi que sur la numĂ©risation des archives de fouilles, lâobjectif de cet axe est de maintenir une recherche de haut niveau interrogeant tant lâinstrumentation que les paradigmes de la discipline afin dâenvisager les dĂ©veloppements nĂ©cessaires Ă lâarchĂ©ologie du futur. Les Ă©tudiants de master et de doctorat sont formĂ©s Ă la recherche et Ă son instrumentation de telle sorte quâils dĂ©veloppent des compĂ©tences leur permettant de maĂźtriser lâintĂ©gralitĂ© des protocoles dâacquisition et de traitement des donnĂ©es quâils manipulent.
LâarchĂ©omatique est par dĂ©finition transverse aux trois axes prĂ©cĂ©dents. Elle est le lieu de production de la recherche mĂ©thodologique Ă la fois appuyĂ©e sur les axes et les projets et dĂ©ployĂ©e dans ceux-ci. Elle contient Ă©galement des projets de recherche spĂ©cifiques comme les travaux sur lâinteropĂ©rabilitĂ© des systĂšmes dâinformation archĂ©ologique et leur inscription dans le web sĂ©mantique, le dĂ©veloppement de modĂšles de publications Ă©lectroniques et la modĂ©lisation de lâinformation archĂ©ologique.
Le LAT sâest dotĂ© dâoutils de traitement et de systĂšmes dâinformation appropriĂ©s Ă ses programmes de recherche et dĂ©veloppĂ©s avec la double volontĂ© dâintĂ©gration de la rigueur des mĂ©thodes implĂ©mentĂ©es et de rĂ©utilisation par la communautĂ© archĂ©ologique. Lâinformatisation des protocoles nĂ©cessite une rĂ©flexion fondamentale sur les implications de la dĂ©matĂ©rialisation des donnĂ©es dans la production de connaissances archĂ©ologiques.
AprĂšs sa mise en ligne durant le contrat prĂ©cĂ©dent, la poursuite du dĂ©veloppement du systĂšme dâinformation archĂ©ologique ArSol (Archives du Sol) rĂ©pond Ă deux enjeux. Le premier est la dĂ©matĂ©rialisation de la totalitĂ© de lâenregistrement stratigraphique afin dâintĂ©grer au plus tĂŽt les donnĂ©es dans le systĂšme dâinformation et de bĂ©nĂ©ficier des contrĂŽles de cohĂ©rence et de la mise en relation avec lâensemble des donnĂ©es de la fouille sur le terrain. Lâobjectif est de faciliter la mise en Ćuvre des donnĂ©es pour lâĂ©tude post-fouille ainsi que lâadministration de la preuve depuis les publications mais surtout cette dĂ©marche permet de disposer sur le terrain de lâensemble des donnĂ©es utiles Ă lâinterprĂ©tation. Lâimpact porte donc sur le processus dâinterprĂ©tation lors de la fouille, autrement dit sur le raisonnement archĂ©ologique. Le second concerne la publication des donnĂ©es dans le web sĂ©mantique selon une interopĂ©rabilitĂ© complĂšte. LâinteropĂ©rabilitĂ© est un objectif partagĂ© pour toutes les bases de donnĂ©es du LAT dont le niveau dâavancement a Ă©tĂ© mesurĂ© sur lâĂ©chelle des Five Stars Linked Open Data et les principes FAIR (donnĂ©es Faciles Ă trouver, Accessibles, InteropĂ©rables et RĂ©utilisable) afin dâĂ©valuer ce quâil reste Ă faire. Lâambition dans ce domaine est de contribuer Ă lâĂ©mergence dâun secteur de donnĂ©es patrimoniales dans le « nuage des donnĂ©es liĂ©es » (Linked Open Data Cloud). LâexpĂ©rience que nous menons avec ArSol, au sein du consortium MASA (MĂ©moire des ArchĂ©ologues et des Sites ArchĂ©ologiques) de la TGIR Huma-Num, afin de publier les donnĂ©es via lâontologie de domaine pour les donnĂ©es du patrimoine du CIDOC-CRM (ISO 21127), est Ă©tendue Ă dâautres systĂšmes. ArSol est ainsi accessible sur le web sĂ©mantique via la plateforme OpenArchaeo du consortium MASA. Les systĂšmes dâinformation, leur interopĂ©rabilitĂ©, la publication des donnĂ©es sur le web sont autant dâĂ©lĂ©ments qui contribuent Ă lâavenir de la publication archĂ©ologique par de nouveaux modes dâĂ©dition fondĂ©s sur la connexion dâarticles de synthĂšse aux preuves contenues dans les bases de donnĂ©es.
La modĂ©lisation des dynamiques spatiales, fondĂ©e sur une approche systĂ©mique de la production dâespace par les sociĂ©tĂ©s, sâappuie sur les travaux des gĂ©ographes augmentĂ©s de collaborations Ă©troites avec les archĂ©ologues et concerne plus largement plusieurs des disciplines des Sciences Humaines et Sociales. LâĂ©tude des dynamiques spatiales implique une attention particuliĂšre Ă la dimension temporelle pour laquelle les outils de reprĂ©sentation et dâanalyse sont Ă Ă©laborer Ă lâinstar de ceux de lâanalyse spatiale.
Enfin, une recherche interdisciplinaire entre archĂ©ologues et statisticiens est Ă lâorigine de dĂ©veloppement de mĂ©thodes et dâoutils dĂ©diĂ©s Ă lâanalyse des donnĂ©es mobiliĂšres volumineuses. Les outils implĂ©mentĂ©s Ă partir de modĂšles archĂ©o-statistiques concernent la datation (ceraRdate), la pĂ©riodisation (hclustcompro) et la spatialisation (mapclust) rĂ©alisĂ©s dans le cadre du projet SPARTAAS.
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Séminaire transversal « Loire »
lundi 20 avril, 9h00-12h30
Séminaire des doctorants du LAT
40 rue James Watt, Acticampus 1, 1er étage, Tours (quartier des Deux Lions) Vendredi 17 avril 2015
JournĂ©e d’Ă©tudes « L’Ă©cologie dans la ville, l’Ă©cologie pour la ville ! »
jeudi 16 avril, 8h30 MSH Val de Loire
JournĂ©e d’information et d’Ă©changes autour du projet STAR-FLOOD
Jeudi 2 Avril, 9h30, GEMA, Salle A (1er étage) 9 rue de Saint-Petersbourg, 75008 Paris
Séminaire : Vieillissements, sociabilités et habitats
26 mars, 13h30-15h30, Université de Tours, site des tanneurs, salle 310
Annuaire du LAT
PrĂ©sentation de l’Ă©quipe LAT
Responsable : Philippe Husi
Le LAT constitue lâun des principaux pĂŽles de recherche en archĂ©ologie mĂ©tropolitaine, de la PrĂ©histoire rĂ©cente Ă lâEpoque Moderne. Depuis sa crĂ©ation en 1992, il regroupe des archĂ©ologues et des historiens autour de lâĂ©tude des relations des sociĂ©tĂ©s du passĂ© Ă lâespace. Comment sâarticule lâinscription des sociĂ©tĂ©s dans un environnement et leur propre production dâespace construit ? Quels sont les systĂšmes de production, dâĂ©changes et de consommation Ă lâĆuvre ? LâoriginalitĂ© de la dĂ©marche du LAT est dâaborder ces questions en croisant les sources et les approches des sciences historiques dans la longue durĂ©e. LâĂ©tude diachronique des transformations des sociĂ©tĂ©s de la Protohistoire Ă nos jours sâappuie sur de nombreuses collaborations avec des disciplines des sciences humaines et sociales (gĂ©ographie, amĂ©nagement, droit, Ă©conomie) et au-delĂ (gĂ©ologie, biologie, Ă©cologie, informatique, mathĂ©matique). Le LAT a nouĂ© des collaborations nationales et internationales Ă travers une approche interdisciplinaire dans le cadre de projets et rĂ©seaux nationaux et internationaux (ANR, Europe, RĂ©gion, GDR, Consortiums HN), mais aussi en accueillant des chercheurs français et Ă©trangers. En outre, le LAT est conventionnĂ© avec lâInrap (Institut national de recherches archĂ©ologiques prĂ©ventives). Par ailleurs, lâimplication de chercheurs du laboratoire dans des programmes de recherches archĂ©ologiques Ă lâĂ©tranger se traduit par dâĂ©troites collaborations notamment avec lâEFEO sur la ville dâAngkor Thom (Cambodge).
Le LAT est impliquĂ© dans de nombreux rĂ©seaux aux niveaux national et international. Il pilote le rĂ©seau dâInformation sur la CĂ©ramique MĂ©diĂ©vale et Moderne (Iceramm) et est co-porteur du Consortium MĂ©moire des ArchĂ©ologues et des Sites ArchĂ©ologiques (MASA) labellisĂ© par la TrĂšs Grande Infrastructure de Recherche Huma-Num en relation avec la Maison des Sciences de lâHomme Val-de-Loire.
Les spĂ©cificitĂ©s du LAT sont sa pratique de lâarchĂ©ologie mĂ©tropolitaine de la Protohistoire au Moyen Ăge, lâarchĂ©ologie urbaine, son approche spatiale dans la longue durĂ©e, le croisement des sources, les rĂ©flexions Ă©pistĂ©mologiques et mĂ©thodologiques et lâarchĂ©omatique. Plus largement, le LAT accueille la formation dâarchĂ©ologie de lâUniversitĂ© de Tours et est lâĂ©quipe dâadossement du parcours « MĂ©tiers de lâArchĂ©ologie et ArchĂ©omatique » au sein du Master « Master Histoire, Civilisation, Patrimoine » de lâĂcole supĂ©rieure en Intelligence des Patrimoines de lâUniversitĂ© de Tours. Grace Ă la prĂ©sence Ă lâUniversitĂ© de Tours du seul poste de MaĂźtre de confĂ©rences en archĂ©ozoologie, en dehors de ceux du MusĂ©um national dâhistoire naturelle, le LAT a investi dans la constitution dâune ostĂ©othĂšque.
Le programme du LAT est structuré en quatre axes. Les trois premiers axes sont thématiques, fondés sur la production de données primaires et le quatriÚme, méthodologique, est transversal au trois autres :
Axe 1 (« Villages, villes et territoires »)
Responsable scientifique : Florian Baret et Jean-Philippe Chimier.
Cet axe regroupe les recherches sur la fabrique de lâespace par les sociĂ©tĂ©s dans une double perspective diachronique et multi-scalaire. Il est le cadre de production des donnĂ©es archĂ©ologiques nouvelles livrĂ©es par les travaux de terrain des membres de lâĂ©quipe (fouilles et prospections en France et Ă lâĂ©tranger). Son large pĂ©rimĂštre couvre dâabord toute la succession des formes et des cadres de lâhabitat, de lâunitĂ© fonctionnelle au territoire en passant par lâensemble des marqueurs du dĂ©veloppement (ville, habitat rural, habitat groupĂ©, lieu de culte, voie de communicationâŠ) qui constituent Ă chaque pĂ©riode un des rĂ©seaux hiĂ©rarchisĂ©s Ă mettre en Ă©vidence. Il couvre ensuite les conditions environnementales dans lesquelles se dĂ©ploient les sociĂ©tĂ©s, en tenant compte de tous les Ă©lĂ©ments constituant les terroirs anthropisĂ©s depuis le NĂ©olithique. Les interactions sociĂ©tĂ©s/milieux sont interrogĂ©es afin dâaborder les dynamiques de lâhabitat et la fabrique du paysage dans le temps long selon diffĂ©rentes Ă©chelles spatiales. Toutefois, quelques thĂ©matiques seront privilĂ©giĂ©es afin de mieux percevoir la complexitĂ© des analyses Ă conduire pour rendre compte des transformations des habitats, des territoires et des rĂ©seaux en perpĂ©tuelle interaction.
Axe 2 (« Archéologie de la construction »)
Responsables : Frédéric Epaud et Thomas Pouyet
Lâaxe 2 porte sur lâĂ©tude de lâarchitecture et des techniques de construction de la Protohistoire Ă lâĂ©poque moderne. Il sâattache Ă lâanalyse des procĂ©dĂ©s de mise en Ćuvre des matĂ©riaux (bois, pierre, terre cuiteâŠ) et des processus motivant lâĂ©volution architecturale des monuments de lâarchitecture civile, religieuse et militaire. Ces travaux portent aussi bien sur des constructions en bois ou en pierre que sur celles utilisant une mixitĂ© de matĂ©riaux. Lâobjectif de ces recherches est de comprendre lâĂ©volution des techniques de mise en Ćuvre des matĂ©riaux de construction, et des transformations stylistiques et formelles des architectures sur le temps long. Les mĂ©thodes dâinvestigation relĂšvent de lâarchĂ©ologie du bĂąti, la fouille, lâhistoire de lâart, la recherche archivistique, lâarchĂ©ologie expĂ©rimentale et lâethnoarchĂ©ologie. Certaines approches, comme la tracĂ©ologie, portent la rĂ©flexion sur le travail manuel et la gestuelle des artisans, lâemploi des outils ou lâorganisation des chantiers.
Archéologie de la construction en bois
LâarchĂ©ologie de la construction en bois (charpentes de comble, pans de bois, fondations, architectures Ă poteaux plantĂ©s) est abordĂ©e de maniĂšre diachronique. Une part importante de ces recherches traite, principalement pour le Moyen Ăge, des questions touchant au bois dâĆuvre (bois utilisĂ©s, ressources forestiĂšres, sylvicultureâŠ), aux techniques de charpenterie (taille des bois, marquages, outils, tracĂ©s dâĂ©pureâŠ) ainsi quâĂ lâĂ©volution des structures de charpentes de lâarchitecture romane et gothique.
Projet Notre-Dame
Lâobjectif est dâĂ©tudier les forĂȘts et leur gestion au Moyen Ăge Ă travers lâanalyse des bois utilisĂ©s en grande quantitĂ© aux 11e-13e siĂšcles dans les charpentes de cathĂ©drales, notamment dans le cadre du Projet Notre-Dame.
Charpentes romanes et gothiques
Les travaux dĂ©jĂ engagĂ©s, comme lâinventaire des charpentes sur des monuments romans et gothiques majeurs (cathĂ©drales) et mineurs (Ă©glises rurales) associĂ© Ă des analyses dendrochronologiques, permettent de dĂ©finir des jalons tant sur le plan des techniques de charpenterie que sur celui de lâĂ©volution de lâarchitecture tout matĂ©riaux confondus.
Architecture antique et médiévale
Lâarchitecture antique et mĂ©diĂ©vale des Ă©difices publics et privĂ©s en pierre constitue un autre volet de lâaxe 2. Les recherches portent sur lâĂ©tude des matĂ©riaux, le chantier de construction et lâĂ©volution de lâarchitecture religieuse, militaire et civile.
Axe 3 (« Pratiques sociales, alimentaires et aires culturelles »)
Responsables : Marie-Pierre Horard-Roure et Francesca Di Napoli
Lâobjectif de lâaxe 3 est la comprĂ©hension diachronique des mĂ©canismes sociaux, Ă©conomiques et culturels Ă travers lâĂ©tude des phĂ©nomĂšnes de production, dâinnovation, de savoir-faire, de mode, de concurrence, de rituel et de croyances. FondĂ©e sur lâaccumulation de donnĂ©es robustes produites par des travaux de longue haleine, lâoriginalitĂ© de ces recherches rĂ©side dans lâanalyse fine de donnĂ©es mobiliĂšres volumineuses (artefact et ecofact) qui permet dâaborder la dĂ©finition, la transformation et la spatialisation des pratiques. Cette dĂ©marche implique une approche interdisciplinaire, multi-scalaire et modĂ©lisatrice nĂ©cessaire Ă lâĂ©tude de sources matĂ©rielles en masse.
Les sources mobilisĂ©es sont dâune part la cĂ©ramique et les ossements animaux, dâautre part les autres types de mobilier (pierre, mĂ©tal, verrerie, objets, terres cuites architecturales) indispensables Ă une rĂ©flexion plus gĂ©nĂ©rale sur les pratiques sociales et les aires culturelles. Enfin, lâĂ©tude systĂ©matique de grandes sĂ©ries de sĂ©pultures pour comprendre le geste funĂ©raire et la structuration des lieux dâinhumation dans la longue durĂ©e permet Ă©galement de caractĂ©riser des identitĂ©s sociales Ă travers le monde des morts.
Les recherches en archĂ©ozoologie, fondĂ©es sur des Ă©tudes monographiques de contextes funĂ©raires ou dâhabitat et des partenariats avec le GDR 3644 BioarchĂ©odat, lâĂ©cole vĂ©tĂ©rinaire de Nantes et lâUMR ArchĂ©ozoologie et ArchĂ©obotanique (MNHM), portent dâune part sur les processus de production de lâĂ©levage et dâautre part sur lâĂ©volution du statut et de la morphologie de certaines espĂšces. Lâenjeu est dâaborder la relation Homme/Animal par les changements des pratiques dâĂ©levage, des techniques bouchĂšres et de lâalimentation carnĂ©e depuis lâĂąge du Fer. Le cochon, par exemple, est un bon rĂ©vĂ©lateur des pratiques et des choix culturels. Le coq quant Ă lui est abordĂ© dâun point de vue morphologique pour Ă©tudier la discrimination des sexes et dĂ©tecter lâapparition de races spĂ©cifiques toujours prĂ©sentes. Le chien et le cheval sont deux espĂšces particuliĂšrement proches de lâhomme dont le statut symbolique change Ă travers le temps et dont lâĂ©tude des morphotypes permet, entre autres, dâaborder la question des tabous alimentaires.
Les pratiques alimentaires sont Ă©galement traitĂ©es selon des approches interdisciplinaires, par exemple par le recours Ă la biochimie (analyses biomolĂ©culaires, isotopiques), afin de caractĂ©riser les systĂšmes dâacquisition, dâĂ©laboration, de transformation, de distribution et de consommation. Les travaux sur les contenants en cĂ©ramique et leur contenu, lâalimentation carnĂ©e et la viticulture sont menĂ©s en collaborations avec le pĂŽle alimentation de lâUniversitĂ© François-Rabelais, le pĂŽle avicole de lâINRA Centre-Val de Loire et le VinOpĂŽle. Lâobjectif est de sâintĂ©resser aux implications sociales, Ă©conomiques, culturelles et territoriales des choix et des pratiques alimentaires.
Les principaux rĂ©sultats acquis sur la transformation des pratiques sociales et des aires culturelles Ă partir des produits manufacturĂ©s concernent la caractĂ©risation dâaires culturelles entre le haut Moyen Ăge et la pĂ©riode moderne (8 e -17 e siĂšcle) Ă partir de la cĂ©ramique. Lâanalyse de donnĂ©es volumineuses Ă lâĂ©chelle du bassin de la Loire moyenne a permis dâidentifier deux grandes aires culturelles (Nord-Est et Sud-Ouest) constituĂ©es de plus petites entitĂ©s Ă©conomiques en relations Ă©troites avec les principaux centres de consommation urbains, cette bipartition sâinscrivant dans la longue durĂ©e, puisquâelle perdure au moins du 8e au 15e s.
Sur ce plan, lâobjectif est de poursuivre les recherches Ă lâĂ©chelle des aires culturelles du Centre-Ouest de la France dans la trĂšs longue durĂ©e par lâexploitation de nouvelles donnĂ©es cĂ©ramiques en y intĂ©grant les autres sources mobiliĂšres (verre, mĂ©tal, objetsâŠ) et en Ă©largissant la fourchette chronologique aux pĂ©riodes plus anciennes (nĂ©olithique, protohistorique et AntiquitĂ© romaine). Le rĂ©seau ICERAMM, qui fĂ©dĂšre les mĂ©thodes et les recherches sur la cĂ©ramique mĂ©diĂ©vale et moderne Ă lâĂ©chelle europĂ©enne, permet dâaccroĂźtre la portĂ©e de lâĂ©tude des aires culturelles Ă un vaste Nord-Ouest de lâEurope.
Axe 4 (« Archéomatique »)
Responsables : Olivier Marlet et Jean-Baptiste Rigot
LâarchĂ©omatique, entendue comme lâinformatisation des processus de la recherche archĂ©ologique du terrain Ă la publication, est le pilier mĂ©thodologique de lâĂ©quipe. Ă partir des travaux engagĂ©s de longue date sur lâinformatisation des protocoles dâacquisition, de traitement et de publication des donnĂ©es ainsi que sur la numĂ©risation des archives de fouilles, lâobjectif de cet axe est de maintenir une recherche de haut niveau interrogeant tant lâinstrumentation que les paradigmes de la discipline afin dâenvisager les dĂ©veloppements nĂ©cessaires Ă lâarchĂ©ologie du futur. Les Ă©tudiants de master et de doctorat sont formĂ©s Ă la recherche et Ă son instrumentation de telle sorte quâils dĂ©veloppent des compĂ©tences leur permettant de maĂźtriser lâintĂ©gralitĂ© des protocoles dâacquisition et de traitement des donnĂ©es quâils manipulent.
LâarchĂ©omatique est par dĂ©finition transverse aux trois axes prĂ©cĂ©dents. Elle est le lieu de production de la recherche mĂ©thodologique Ă la fois appuyĂ©e sur les axes et les projets et dĂ©ployĂ©e dans ceux-ci. Elle contient Ă©galement des projets de recherche spĂ©cifiques comme les travaux sur lâinteropĂ©rabilitĂ© des systĂšmes dâinformation archĂ©ologique et leur inscription dans le web sĂ©mantique, le dĂ©veloppement de modĂšles de publications Ă©lectroniques et la modĂ©lisation de lâinformation archĂ©ologique.
Le LAT sâest dotĂ© dâoutils de traitement et de systĂšmes dâinformation appropriĂ©s Ă ses programmes de recherche et dĂ©veloppĂ©s avec la double volontĂ© dâintĂ©gration de la rigueur des mĂ©thodes implĂ©mentĂ©es et de rĂ©utilisation par la communautĂ© archĂ©ologique. Lâinformatisation des protocoles nĂ©cessite une rĂ©flexion fondamentale sur les implications de la dĂ©matĂ©rialisation des donnĂ©es dans la production de connaissances archĂ©ologiques.
AprĂšs sa mise en ligne durant le contrat prĂ©cĂ©dent, la poursuite du dĂ©veloppement du systĂšme dâinformation archĂ©ologique ArSol (Archives du Sol) rĂ©pond Ă deux enjeux. Le premier est la dĂ©matĂ©rialisation de la totalitĂ© de lâenregistrement stratigraphique afin dâintĂ©grer au plus tĂŽt les donnĂ©es dans le systĂšme dâinformation et de bĂ©nĂ©ficier des contrĂŽles de cohĂ©rence et de la mise en relation avec lâensemble des donnĂ©es de la fouille sur le terrain. Lâobjectif est de faciliter la mise en Ćuvre des donnĂ©es pour lâĂ©tude post-fouille ainsi que lâadministration de la preuve depuis les publications mais surtout cette dĂ©marche permet de disposer sur le terrain de lâensemble des donnĂ©es utiles Ă lâinterprĂ©tation. Lâimpact porte donc sur le processus dâinterprĂ©tation lors de la fouille, autrement dit sur le raisonnement archĂ©ologique. Le second concerne la publication des donnĂ©es dans le web sĂ©mantique selon une interopĂ©rabilitĂ© complĂšte. LâinteropĂ©rabilitĂ© est un objectif partagĂ© pour toutes les bases de donnĂ©es du LAT dont le niveau dâavancement a Ă©tĂ© mesurĂ© sur lâĂ©chelle des Five Stars Linked Open Data et les principes FAIR (donnĂ©es Faciles Ă trouver, Accessibles, InteropĂ©rables et RĂ©utilisable) afin dâĂ©valuer ce quâil reste Ă faire. Lâambition dans ce domaine est de contribuer Ă lâĂ©mergence dâun secteur de donnĂ©es patrimoniales dans le « nuage des donnĂ©es liĂ©es » (Linked Open Data Cloud). LâexpĂ©rience que nous menons avec ArSol, au sein du consortium MASA (MĂ©moire des ArchĂ©ologues et des Sites ArchĂ©ologiques) de la TGIR Huma-Num, afin de publier les donnĂ©es via lâontologie de domaine pour les donnĂ©es du patrimoine du CIDOC-CRM (ISO 21127), est Ă©tendue Ă dâautres systĂšmes. ArSol est ainsi accessible sur le web sĂ©mantique via la plateforme OpenArchaeo du consortium MASA. Les systĂšmes dâinformation, leur interopĂ©rabilitĂ©, la publication des donnĂ©es sur le web sont autant dâĂ©lĂ©ments qui contribuent Ă lâavenir de la publication archĂ©ologique par de nouveaux modes dâĂ©dition fondĂ©s sur la connexion dâarticles de synthĂšse aux preuves contenues dans les bases de donnĂ©es.
La modĂ©lisation des dynamiques spatiales, fondĂ©e sur une approche systĂ©mique de la production dâespace par les sociĂ©tĂ©s, sâappuie sur les travaux des gĂ©ographes augmentĂ©s de collaborations Ă©troites avec les archĂ©ologues et concerne plus largement plusieurs des disciplines des Sciences Humaines et Sociales. LâĂ©tude des dynamiques spatiales implique une attention particuliĂšre Ă la dimension temporelle pour laquelle les outils de reprĂ©sentation et dâanalyse sont Ă Ă©laborer Ă lâinstar de ceux de lâanalyse spatiale.
Enfin, une recherche interdisciplinaire entre archĂ©ologues et statisticiens est Ă lâorigine de dĂ©veloppement de mĂ©thodes et dâoutils dĂ©diĂ©s Ă lâanalyse des donnĂ©es mobiliĂšres volumineuses. Les outils implĂ©mentĂ©s Ă partir de modĂšles archĂ©o-statistiques concernent la datation (ceraRdate), la pĂ©riodisation (hclustcompro) et la spatialisation (mapclust) rĂ©alisĂ©s dans le cadre du projet SPARTAAS.
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JournĂ©e de rĂ©flexion sur lâĂ©volution de lâaxe Actions et territorialisation du CIST
Mercredi 20 juin, 10h-16h, UniversitĂ© Paris-Diderot, bĂątiment Olympe de Gouges, salle 870, 8e Ă©tage (27 rue Jean-Antoine de BaĂŻf, 75013âŠ
Exposition et débat « Street art et résistance »
Du 19-27 juin 2018, POLAU-pÎle arts & urbanisme, Point H^UT-lieu de création urbaine, 20. rue des Grands mortiers, Saint-Pierre-des-Corps
Atelier de clĂŽture du programme AQAPA
Mardi 19 juin, 9h00, Polytech Tours, salle 112, 35 allée Ferdinand de Lesseps, 37200 Tours
Table ronde « Des mĂ©tropoles et leur fleuve : Regards croisĂ©s Tours-ÂâQuĂ©bec »
Samedi 16 juin 2018, 16h45, la Guinguette de Tours sur Loire AnimĂ©e par des chercheurs de Tours et de QuĂ©becâŠ
