LAT
Équipe Laboratoire Archéologie et Territoires
Présentation de l’équipe LAT
Responsable : Philippe Husi
Le LAT constitue l’un des principaux pôles de recherche en archéologie métropolitaine, de la Préhistoire récente à l’Epoque Moderne. Depuis sa création en 1992, il regroupe des archéologues et des historiens autour de l’étude des relations des sociétés du passé à l’espace. Comment s’articule l’inscription des sociétés dans un environnement et leur propre production d’espace construit ? Quels sont les systèmes de production, d’échanges et de consommation à l’œuvre ? L’originalité de la démarche du LAT est d’aborder ces questions en croisant les sources et les approches des sciences historiques dans la longue durée. L’étude diachronique des transformations des sociétés de la Protohistoire à nos jours s’appuie sur de nombreuses collaborations avec des disciplines des sciences humaines et sociales (géographie, aménagement, droit, économie) et au-delà (géologie, biologie, écologie, informatique, mathématique). Le LAT a noué des collaborations nationales et internationales à travers une approche interdisciplinaire dans le cadre de projets et réseaux nationaux et internationaux (ANR, Europe, Région, GDR, Consortiums HN), mais aussi en accueillant des chercheurs français et étrangers. En outre, le LAT est conventionné avec l’Inrap (Institut national de recherches archéologiques préventives). Par ailleurs, l’implication de chercheurs du laboratoire dans des programmes de recherches archéologiques à l’étranger se traduit par d’étroites collaborations notamment avec l’EFEO sur la ville d’Angkor Thom (Cambodge).
Le LAT est impliqué dans de nombreux réseaux aux niveaux national et international. Il pilote le réseau d’Information sur la Céramique Médiévale et Moderne (Iceramm) et est co-porteur du Consortium Mémoire des Archéologues et des Sites Archéologiques (MASA) labellisé par la Très Grande Infrastructure de Recherche Huma-Num en relation avec la Maison des Sciences de l’Homme Val-de-Loire.
Les spécificités du LAT sont sa pratique de l’archéologie métropolitaine de la Protohistoire au Moyen Âge, l’archéologie urbaine, son approche spatiale dans la longue durée, le croisement des sources, les réflexions épistémologiques et méthodologiques et l’archéomatique. Plus largement, le LAT accueille la formation d’archéologie de l’Université de Tours et est l’équipe d’adossement du parcours « Métiers de l’Archéologie et Archéomatique » au sein du Master « Master Histoire, Civilisation, Patrimoine » de l’École supérieure en Intelligence des Patrimoines de l’Université de Tours. Grace à la présence à l’Université de Tours du seul poste de Maître de conférences en archéozoologie, en dehors de ceux du Muséum national d’histoire naturelle, le LAT a investi dans la constitution d’une ostéothèque.
Le programme du LAT est structuré en quatre axes. Les trois premiers axes sont thématiques, fondés sur la production de données primaires et le quatrième, méthodologique, est transversal au trois autres :
Axe 1 (« Villages, villes et territoires »)
Responsable scientifique : Florian Baret et Jean-Philippe Chimier.
Cet axe regroupe les recherches sur la fabrique de l’espace par les sociétés dans une double perspective diachronique et multi-scalaire. Il est le cadre de production des données archéologiques nouvelles livrées par les travaux de terrain des membres de l’équipe (fouilles et prospections en France et à l’étranger). Son large périmètre couvre d’abord toute la succession des formes et des cadres de l’habitat, de l’unité fonctionnelle au territoire en passant par l’ensemble des marqueurs du développement (ville, habitat rural, habitat groupé, lieu de culte, voie de communication…) qui constituent à chaque période un des réseaux hiérarchisés à mettre en évidence. Il couvre ensuite les conditions environnementales dans lesquelles se déploient les sociétés, en tenant compte de tous les éléments constituant les terroirs anthropisés depuis le Néolithique. Les interactions sociétés/milieux sont interrogées afin d’aborder les dynamiques de l’habitat et la fabrique du paysage dans le temps long selon différentes échelles spatiales. Toutefois, quelques thématiques seront privilégiées afin de mieux percevoir la complexité des analyses à conduire pour rendre compte des transformations des habitats, des territoires et des réseaux en perpétuelle interaction.
Axe 2 (« Archéologie de la construction »)
Responsables : Frédéric Epaud et Thomas Pouyet
L’axe 2 porte sur l’étude de l’architecture et des techniques de construction de la Protohistoire à l’époque moderne. Il s’attache à l’analyse des procédés de mise en œuvre des matériaux (bois, pierre, terre cuite…) et des processus motivant l’évolution architecturale des monuments de l’architecture civile, religieuse et militaire. Ces travaux portent aussi bien sur des constructions en bois ou en pierre que sur celles utilisant une mixité de matériaux. L’objectif de ces recherches est de comprendre l’évolution des techniques de mise en œuvre des matériaux de construction, et des transformations stylistiques et formelles des architectures sur le temps long. Les méthodes d’investigation relèvent de l’archéologie du bâti, la fouille, l’histoire de l’art, la recherche archivistique, l’archéologie expérimentale et l’ethnoarchéologie. Certaines approches, comme la tracéologie, portent la réflexion sur le travail manuel et la gestuelle des artisans, l’emploi des outils ou l’organisation des chantiers.
Archéologie de la construction en bois
L’archéologie de la construction en bois (charpentes de comble, pans de bois, fondations, architectures à poteaux plantés) est abordée de manière diachronique. Une part importante de ces recherches traite, principalement pour le Moyen Âge, des questions touchant au bois d’œuvre (bois utilisés, ressources forestières, sylviculture…), aux techniques de charpenterie (taille des bois, marquages, outils, tracés d’épure…) ainsi qu’à l’évolution des structures de charpentes de l’architecture romane et gothique.
Projet Notre-Dame
L’objectif est d’étudier les forêts et leur gestion au Moyen Âge à travers l’analyse des bois utilisés en grande quantité aux 11e-13e siècles dans les charpentes de cathédrales, notamment dans le cadre du Projet Notre-Dame.
Charpentes romanes et gothiques
Les travaux déjà engagés, comme l’inventaire des charpentes sur des monuments romans et gothiques majeurs (cathédrales) et mineurs (églises rurales) associé à des analyses dendrochronologiques, permettent de définir des jalons tant sur le plan des techniques de charpenterie que sur celui de l’évolution de l’architecture tout matériaux confondus.
Architecture antique et médiévale
L’architecture antique et médiévale des édifices publics et privés en pierre constitue un autre volet de l’axe 2. Les recherches portent sur l’étude des matériaux, le chantier de construction et l’évolution de l’architecture religieuse, militaire et civile.
Axe 3 (« Pratiques sociales, alimentaires et aires culturelles »)
Responsables : Marie-Pierre Horard-Roure et Francesca Di Napoli
L’objectif de l’axe 3 est la compréhension diachronique des mécanismes sociaux, économiques et culturels à travers l’étude des phénomènes de production, d’innovation, de savoir-faire, de mode, de concurrence, de rituel et de croyances. Fondée sur l’accumulation de données robustes produites par des travaux de longue haleine, l’originalité de ces recherches réside dans l’analyse fine de données mobilières volumineuses (artefact et ecofact) qui permet d’aborder la définition, la transformation et la spatialisation des pratiques. Cette démarche implique une approche interdisciplinaire, multi-scalaire et modélisatrice nécessaire à l’étude de sources matérielles en masse.
Les sources mobilisées sont d’une part la céramique et les ossements animaux, d’autre part les autres types de mobilier (pierre, métal, verrerie, objets, terres cuites architecturales) indispensables à une réflexion plus générale sur les pratiques sociales et les aires culturelles. Enfin, l’étude systématique de grandes séries de sépultures pour comprendre le geste funéraire et la structuration des lieux d’inhumation dans la longue durée permet également de caractériser des identités sociales à travers le monde des morts.
Les recherches en archéozoologie, fondées sur des études monographiques de contextes funéraires ou d’habitat et des partenariats avec le GDR 3644 Bioarchéodat, l’école vétérinaire de Nantes et l’UMR Archéozoologie et Archéobotanique (MNHM), portent d’une part sur les processus de production de l’élevage et d’autre part sur l’évolution du statut et de la morphologie de certaines espèces. L’enjeu est d’aborder la relation Homme/Animal par les changements des pratiques d’élevage, des techniques bouchères et de l’alimentation carnée depuis l’âge du Fer. Le cochon, par exemple, est un bon révélateur des pratiques et des choix culturels. Le coq quant à lui est abordé d’un point de vue morphologique pour étudier la discrimination des sexes et détecter l’apparition de races spécifiques toujours présentes. Le chien et le cheval sont deux espèces particulièrement proches de l’homme dont le statut symbolique change à travers le temps et dont l’étude des morphotypes permet, entre autres, d’aborder la question des tabous alimentaires.
Les pratiques alimentaires sont également traitées selon des approches interdisciplinaires, par exemple par le recours à la biochimie (analyses biomoléculaires, isotopiques), afin de caractériser les systèmes d’acquisition, d’élaboration, de transformation, de distribution et de consommation. Les travaux sur les contenants en céramique et leur contenu, l’alimentation carnée et la viticulture sont menés en collaborations avec le pôle alimentation de l’Université François-Rabelais, le pôle avicole de l’INRA Centre-Val de Loire et le VinOpôle. L’objectif est de s’intéresser aux implications sociales, économiques, culturelles et territoriales des choix et des pratiques alimentaires.
Les principaux résultats acquis sur la transformation des pratiques sociales et des aires culturelles à partir des produits manufacturés concernent la caractérisation d’aires culturelles entre le haut Moyen Âge et la période moderne (8 e -17 e siècle) à partir de la céramique. L’analyse de données volumineuses à l’échelle du bassin de la Loire moyenne a permis d’identifier deux grandes aires culturelles (Nord-Est et Sud-Ouest) constituées de plus petites entités économiques en relations étroites avec les principaux centres de consommation urbains, cette bipartition s’inscrivant dans la longue durée, puisqu’elle perdure au moins du 8e au 15e s.
Sur ce plan, l’objectif est de poursuivre les recherches à l’échelle des aires culturelles du Centre-Ouest de la France dans la très longue durée par l’exploitation de nouvelles données céramiques en y intégrant les autres sources mobilières (verre, métal, objets…) et en élargissant la fourchette chronologique aux périodes plus anciennes (néolithique, protohistorique et Antiquité romaine). Le réseau ICERAMM, qui fédère les méthodes et les recherches sur la céramique médiévale et moderne à l’échelle européenne, permet d’accroître la portée de l’étude des aires culturelles à un vaste Nord-Ouest de l’Europe.
Axe 4 (« Archéomatique »)
Responsables : Olivier Marlet et Jean-Baptiste Rigot
L’archéomatique, entendue comme l’informatisation des processus de la recherche archéologique du terrain à la publication, est le pilier méthodologique de l’équipe. À partir des travaux engagés de longue date sur l’informatisation des protocoles d’acquisition, de traitement et de publication des données ainsi que sur la numérisation des archives de fouilles, l’objectif de cet axe est de maintenir une recherche de haut niveau interrogeant tant l’instrumentation que les paradigmes de la discipline afin d’envisager les développements nécessaires à l’archéologie du futur. Les étudiants de master et de doctorat sont formés à la recherche et à son instrumentation de telle sorte qu’ils développent des compétences leur permettant de maîtriser l’intégralité des protocoles d’acquisition et de traitement des données qu’ils manipulent.
L’archéomatique est par définition transverse aux trois axes précédents. Elle est le lieu de production de la recherche méthodologique à la fois appuyée sur les axes et les projets et déployée dans ceux-ci. Elle contient également des projets de recherche spécifiques comme les travaux sur l’interopérabilité des systèmes d’information archéologique et leur inscription dans le web sémantique, le développement de modèles de publications électroniques et la modélisation de l’information archéologique.
Le LAT s’est doté d’outils de traitement et de systèmes d’information appropriés à ses programmes de recherche et développés avec la double volonté d’intégration de la rigueur des méthodes implémentées et de réutilisation par la communauté archéologique. L’informatisation des protocoles nécessite une réflexion fondamentale sur les implications de la dématérialisation des données dans la production de connaissances archéologiques.
Après sa mise en ligne durant le contrat précédent, la poursuite du développement du système d’information archéologique ArSol (Archives du Sol) répond à deux enjeux. Le premier est la dématérialisation de la totalité de l’enregistrement stratigraphique afin d’intégrer au plus tôt les données dans le système d’information et de bénéficier des contrôles de cohérence et de la mise en relation avec l’ensemble des données de la fouille sur le terrain. L’objectif est de faciliter la mise en œuvre des données pour l’étude post-fouille ainsi que l’administration de la preuve depuis les publications mais surtout cette démarche permet de disposer sur le terrain de l’ensemble des données utiles à l’interprétation. L’impact porte donc sur le processus d’interprétation lors de la fouille, autrement dit sur le raisonnement archéologique. Le second concerne la publication des données dans le web sémantique selon une interopérabilité complète. L’interopérabilité est un objectif partagé pour toutes les bases de données du LAT dont le niveau d’avancement a été mesuré sur l’échelle des Five Stars Linked Open Data et les principes FAIR (données Faciles à trouver, Accessibles, Interopérables et Réutilisable) afin d’évaluer ce qu’il reste à faire. L’ambition dans ce domaine est de contribuer à l’émergence d’un secteur de données patrimoniales dans le « nuage des données liées » (Linked Open Data Cloud). L’expérience que nous menons avec ArSol, au sein du consortium MASA (Mémoire des Archéologues et des Sites Archéologiques) de la TGIR Huma-Num, afin de publier les données via l’ontologie de domaine pour les données du patrimoine du CIDOC-CRM (ISO 21127), est étendue à d’autres systèmes. ArSol est ainsi accessible sur le web sémantique via la plateforme OpenArchaeo du consortium MASA. Les systèmes d’information, leur interopérabilité, la publication des données sur le web sont autant d’éléments qui contribuent à l’avenir de la publication archéologique par de nouveaux modes d’édition fondés sur la connexion d’articles de synthèse aux preuves contenues dans les bases de données.
La modélisation des dynamiques spatiales, fondée sur une approche systémique de la production d’espace par les sociétés, s’appuie sur les travaux des géographes augmentés de collaborations étroites avec les archéologues et concerne plus largement plusieurs des disciplines des Sciences Humaines et Sociales. L’étude des dynamiques spatiales implique une attention particulière à la dimension temporelle pour laquelle les outils de représentation et d’analyse sont à élaborer à l’instar de ceux de l’analyse spatiale.
Enfin, une recherche interdisciplinaire entre archéologues et statisticiens est à l’origine de développement de méthodes et d’outils dédiés à l’analyse des données mobilières volumineuses. Les outils implémentés à partir de modèles archéo-statistiques concernent la datation (ceraRdate), la périodisation (hclustcompro) et la spatialisation (mapclust) réalisés dans le cadre du projet SPARTAAS.
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Séminaire Pars en thèse : « L’après-thèse »
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Responsable : Philippe Husi
Le LAT constitue l’un des principaux pôles de recherche en archéologie métropolitaine, de la Préhistoire récente à l’Epoque Moderne. Depuis sa création en 1992, il regroupe des archéologues et des historiens autour de l’étude des relations des sociétés du passé à l’espace. Comment s’articule l’inscription des sociétés dans un environnement et leur propre production d’espace construit ? Quels sont les systèmes de production, d’échanges et de consommation à l’œuvre ? L’originalité de la démarche du LAT est d’aborder ces questions en croisant les sources et les approches des sciences historiques dans la longue durée. L’étude diachronique des transformations des sociétés de la Protohistoire à nos jours s’appuie sur de nombreuses collaborations avec des disciplines des sciences humaines et sociales (géographie, aménagement, droit, économie) et au-delà (géologie, biologie, écologie, informatique, mathématique). Le LAT a noué des collaborations nationales et internationales à travers une approche interdisciplinaire dans le cadre de projets et réseaux nationaux et internationaux (ANR, Europe, Région, GDR, Consortiums HN), mais aussi en accueillant des chercheurs français et étrangers. En outre, le LAT est conventionné avec l’Inrap (Institut national de recherches archéologiques préventives). Par ailleurs, l’implication de chercheurs du laboratoire dans des programmes de recherches archéologiques à l’étranger se traduit par d’étroites collaborations notamment avec l’EFEO sur la ville d’Angkor Thom (Cambodge).
Le LAT est impliqué dans de nombreux réseaux aux niveaux national et international. Il pilote le réseau d’Information sur la Céramique Médiévale et Moderne (Iceramm) et est co-porteur du Consortium Mémoire des Archéologues et des Sites Archéologiques (MASA) labellisé par la Très Grande Infrastructure de Recherche Huma-Num en relation avec la Maison des Sciences de l’Homme Val-de-Loire.
Les spécificités du LAT sont sa pratique de l’archéologie métropolitaine de la Protohistoire au Moyen Âge, l’archéologie urbaine, son approche spatiale dans la longue durée, le croisement des sources, les réflexions épistémologiques et méthodologiques et l’archéomatique. Plus largement, le LAT accueille la formation d’archéologie de l’Université de Tours et est l’équipe d’adossement du parcours « Métiers de l’Archéologie et Archéomatique » au sein du Master « Master Histoire, Civilisation, Patrimoine » de l’École supérieure en Intelligence des Patrimoines de l’Université de Tours. Grace à la présence à l’Université de Tours du seul poste de Maître de conférences en archéozoologie, en dehors de ceux du Muséum national d’histoire naturelle, le LAT a investi dans la constitution d’une ostéothèque.
Le programme du LAT est structuré en quatre axes. Les trois premiers axes sont thématiques, fondés sur la production de données primaires et le quatrième, méthodologique, est transversal au trois autres :
Axe 1 (« Villages, villes et territoires »)
Responsable scientifique : Florian Baret et Jean-Philippe Chimier.
Cet axe regroupe les recherches sur la fabrique de l’espace par les sociétés dans une double perspective diachronique et multi-scalaire. Il est le cadre de production des données archéologiques nouvelles livrées par les travaux de terrain des membres de l’équipe (fouilles et prospections en France et à l’étranger). Son large périmètre couvre d’abord toute la succession des formes et des cadres de l’habitat, de l’unité fonctionnelle au territoire en passant par l’ensemble des marqueurs du développement (ville, habitat rural, habitat groupé, lieu de culte, voie de communication…) qui constituent à chaque période un des réseaux hiérarchisés à mettre en évidence. Il couvre ensuite les conditions environnementales dans lesquelles se déploient les sociétés, en tenant compte de tous les éléments constituant les terroirs anthropisés depuis le Néolithique. Les interactions sociétés/milieux sont interrogées afin d’aborder les dynamiques de l’habitat et la fabrique du paysage dans le temps long selon différentes échelles spatiales. Toutefois, quelques thématiques seront privilégiées afin de mieux percevoir la complexité des analyses à conduire pour rendre compte des transformations des habitats, des territoires et des réseaux en perpétuelle interaction.
Axe 2 (« Archéologie de la construction »)
Responsables : Frédéric Epaud et Thomas Pouyet
L’axe 2 porte sur l’étude de l’architecture et des techniques de construction de la Protohistoire à l’époque moderne. Il s’attache à l’analyse des procédés de mise en œuvre des matériaux (bois, pierre, terre cuite…) et des processus motivant l’évolution architecturale des monuments de l’architecture civile, religieuse et militaire. Ces travaux portent aussi bien sur des constructions en bois ou en pierre que sur celles utilisant une mixité de matériaux. L’objectif de ces recherches est de comprendre l’évolution des techniques de mise en œuvre des matériaux de construction, et des transformations stylistiques et formelles des architectures sur le temps long. Les méthodes d’investigation relèvent de l’archéologie du bâti, la fouille, l’histoire de l’art, la recherche archivistique, l’archéologie expérimentale et l’ethnoarchéologie. Certaines approches, comme la tracéologie, portent la réflexion sur le travail manuel et la gestuelle des artisans, l’emploi des outils ou l’organisation des chantiers.
Archéologie de la construction en bois
L’archéologie de la construction en bois (charpentes de comble, pans de bois, fondations, architectures à poteaux plantés) est abordée de manière diachronique. Une part importante de ces recherches traite, principalement pour le Moyen Âge, des questions touchant au bois d’œuvre (bois utilisés, ressources forestières, sylviculture…), aux techniques de charpenterie (taille des bois, marquages, outils, tracés d’épure…) ainsi qu’à l’évolution des structures de charpentes de l’architecture romane et gothique.
Projet Notre-Dame
L’objectif est d’étudier les forêts et leur gestion au Moyen Âge à travers l’analyse des bois utilisés en grande quantité aux 11e-13e siècles dans les charpentes de cathédrales, notamment dans le cadre du Projet Notre-Dame.
Charpentes romanes et gothiques
Les travaux déjà engagés, comme l’inventaire des charpentes sur des monuments romans et gothiques majeurs (cathédrales) et mineurs (églises rurales) associé à des analyses dendrochronologiques, permettent de définir des jalons tant sur le plan des techniques de charpenterie que sur celui de l’évolution de l’architecture tout matériaux confondus.
Architecture antique et médiévale
L’architecture antique et médiévale des édifices publics et privés en pierre constitue un autre volet de l’axe 2. Les recherches portent sur l’étude des matériaux, le chantier de construction et l’évolution de l’architecture religieuse, militaire et civile.
Axe 3 (« Pratiques sociales, alimentaires et aires culturelles »)
Responsables : Marie-Pierre Horard-Roure et Francesca Di Napoli
L’objectif de l’axe 3 est la compréhension diachronique des mécanismes sociaux, économiques et culturels à travers l’étude des phénomènes de production, d’innovation, de savoir-faire, de mode, de concurrence, de rituel et de croyances. Fondée sur l’accumulation de données robustes produites par des travaux de longue haleine, l’originalité de ces recherches réside dans l’analyse fine de données mobilières volumineuses (artefact et ecofact) qui permet d’aborder la définition, la transformation et la spatialisation des pratiques. Cette démarche implique une approche interdisciplinaire, multi-scalaire et modélisatrice nécessaire à l’étude de sources matérielles en masse.
Les sources mobilisées sont d’une part la céramique et les ossements animaux, d’autre part les autres types de mobilier (pierre, métal, verrerie, objets, terres cuites architecturales) indispensables à une réflexion plus générale sur les pratiques sociales et les aires culturelles. Enfin, l’étude systématique de grandes séries de sépultures pour comprendre le geste funéraire et la structuration des lieux d’inhumation dans la longue durée permet également de caractériser des identités sociales à travers le monde des morts.
Les recherches en archéozoologie, fondées sur des études monographiques de contextes funéraires ou d’habitat et des partenariats avec le GDR 3644 Bioarchéodat, l’école vétérinaire de Nantes et l’UMR Archéozoologie et Archéobotanique (MNHM), portent d’une part sur les processus de production de l’élevage et d’autre part sur l’évolution du statut et de la morphologie de certaines espèces. L’enjeu est d’aborder la relation Homme/Animal par les changements des pratiques d’élevage, des techniques bouchères et de l’alimentation carnée depuis l’âge du Fer. Le cochon, par exemple, est un bon révélateur des pratiques et des choix culturels. Le coq quant à lui est abordé d’un point de vue morphologique pour étudier la discrimination des sexes et détecter l’apparition de races spécifiques toujours présentes. Le chien et le cheval sont deux espèces particulièrement proches de l’homme dont le statut symbolique change à travers le temps et dont l’étude des morphotypes permet, entre autres, d’aborder la question des tabous alimentaires.
Les pratiques alimentaires sont également traitées selon des approches interdisciplinaires, par exemple par le recours à la biochimie (analyses biomoléculaires, isotopiques), afin de caractériser les systèmes d’acquisition, d’élaboration, de transformation, de distribution et de consommation. Les travaux sur les contenants en céramique et leur contenu, l’alimentation carnée et la viticulture sont menés en collaborations avec le pôle alimentation de l’Université François-Rabelais, le pôle avicole de l’INRA Centre-Val de Loire et le VinOpôle. L’objectif est de s’intéresser aux implications sociales, économiques, culturelles et territoriales des choix et des pratiques alimentaires.
Les principaux résultats acquis sur la transformation des pratiques sociales et des aires culturelles à partir des produits manufacturés concernent la caractérisation d’aires culturelles entre le haut Moyen Âge et la période moderne (8 e -17 e siècle) à partir de la céramique. L’analyse de données volumineuses à l’échelle du bassin de la Loire moyenne a permis d’identifier deux grandes aires culturelles (Nord-Est et Sud-Ouest) constituées de plus petites entités économiques en relations étroites avec les principaux centres de consommation urbains, cette bipartition s’inscrivant dans la longue durée, puisqu’elle perdure au moins du 8e au 15e s.
Sur ce plan, l’objectif est de poursuivre les recherches à l’échelle des aires culturelles du Centre-Ouest de la France dans la très longue durée par l’exploitation de nouvelles données céramiques en y intégrant les autres sources mobilières (verre, métal, objets…) et en élargissant la fourchette chronologique aux périodes plus anciennes (néolithique, protohistorique et Antiquité romaine). Le réseau ICERAMM, qui fédère les méthodes et les recherches sur la céramique médiévale et moderne à l’échelle européenne, permet d’accroître la portée de l’étude des aires culturelles à un vaste Nord-Ouest de l’Europe.
Axe 4 (« Archéomatique »)
Responsables : Olivier Marlet et Jean-Baptiste Rigot
L’archéomatique, entendue comme l’informatisation des processus de la recherche archéologique du terrain à la publication, est le pilier méthodologique de l’équipe. À partir des travaux engagés de longue date sur l’informatisation des protocoles d’acquisition, de traitement et de publication des données ainsi que sur la numérisation des archives de fouilles, l’objectif de cet axe est de maintenir une recherche de haut niveau interrogeant tant l’instrumentation que les paradigmes de la discipline afin d’envisager les développements nécessaires à l’archéologie du futur. Les étudiants de master et de doctorat sont formés à la recherche et à son instrumentation de telle sorte qu’ils développent des compétences leur permettant de maîtriser l’intégralité des protocoles d’acquisition et de traitement des données qu’ils manipulent.
L’archéomatique est par définition transverse aux trois axes précédents. Elle est le lieu de production de la recherche méthodologique à la fois appuyée sur les axes et les projets et déployée dans ceux-ci. Elle contient également des projets de recherche spécifiques comme les travaux sur l’interopérabilité des systèmes d’information archéologique et leur inscription dans le web sémantique, le développement de modèles de publications électroniques et la modélisation de l’information archéologique.
Le LAT s’est doté d’outils de traitement et de systèmes d’information appropriés à ses programmes de recherche et développés avec la double volonté d’intégration de la rigueur des méthodes implémentées et de réutilisation par la communauté archéologique. L’informatisation des protocoles nécessite une réflexion fondamentale sur les implications de la dématérialisation des données dans la production de connaissances archéologiques.
Après sa mise en ligne durant le contrat précédent, la poursuite du développement du système d’information archéologique ArSol (Archives du Sol) répond à deux enjeux. Le premier est la dématérialisation de la totalité de l’enregistrement stratigraphique afin d’intégrer au plus tôt les données dans le système d’information et de bénéficier des contrôles de cohérence et de la mise en relation avec l’ensemble des données de la fouille sur le terrain. L’objectif est de faciliter la mise en œuvre des données pour l’étude post-fouille ainsi que l’administration de la preuve depuis les publications mais surtout cette démarche permet de disposer sur le terrain de l’ensemble des données utiles à l’interprétation. L’impact porte donc sur le processus d’interprétation lors de la fouille, autrement dit sur le raisonnement archéologique. Le second concerne la publication des données dans le web sémantique selon une interopérabilité complète. L’interopérabilité est un objectif partagé pour toutes les bases de données du LAT dont le niveau d’avancement a été mesuré sur l’échelle des Five Stars Linked Open Data et les principes FAIR (données Faciles à trouver, Accessibles, Interopérables et Réutilisable) afin d’évaluer ce qu’il reste à faire. L’ambition dans ce domaine est de contribuer à l’émergence d’un secteur de données patrimoniales dans le « nuage des données liées » (Linked Open Data Cloud). L’expérience que nous menons avec ArSol, au sein du consortium MASA (Mémoire des Archéologues et des Sites Archéologiques) de la TGIR Huma-Num, afin de publier les données via l’ontologie de domaine pour les données du patrimoine du CIDOC-CRM (ISO 21127), est étendue à d’autres systèmes. ArSol est ainsi accessible sur le web sémantique via la plateforme OpenArchaeo du consortium MASA. Les systèmes d’information, leur interopérabilité, la publication des données sur le web sont autant d’éléments qui contribuent à l’avenir de la publication archéologique par de nouveaux modes d’édition fondés sur la connexion d’articles de synthèse aux preuves contenues dans les bases de données.
La modélisation des dynamiques spatiales, fondée sur une approche systémique de la production d’espace par les sociétés, s’appuie sur les travaux des géographes augmentés de collaborations étroites avec les archéologues et concerne plus largement plusieurs des disciplines des Sciences Humaines et Sociales. L’étude des dynamiques spatiales implique une attention particulière à la dimension temporelle pour laquelle les outils de représentation et d’analyse sont à élaborer à l’instar de ceux de l’analyse spatiale.
Enfin, une recherche interdisciplinaire entre archéologues et statisticiens est à l’origine de développement de méthodes et d’outils dédiés à l’analyse des données mobilières volumineuses. Les outils implémentés à partir de modèles archéo-statistiques concernent la datation (ceraRdate), la périodisation (hclustcompro) et la spatialisation (mapclust) réalisés dans le cadre du projet SPARTAAS.
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Mardi 25 mars 2025, 17h00-18h30 Intervenants : – Karima Dirèche, Directrice de Recherche CNRS, MMSH, Aix-en-Provence – Ali Lmrabet, journaliste…
Conférence « Ibn Khaldûn : itinéraire(s) d’un penseur maghrébin »
Jeudi 20 mars 2025, 14h00-16h00, université de Tours, Site des Tanneurs, Salle TA 310 Dans le cadre du séminaire d’histoire…
Vient de paraître : « Trajectoires périurbaines. Mobilités spatiales et recompositions des modes d’habiter en marge des villes françaises »
Laurent Cailly, Presses universitaires François Rabelais, collection « Villes et Territoires », 309 p., 2025 Façonnant nos territoires et nos manières d’habiter,…
Présentation de l’équipe LAT
Responsable : Philippe Husi
Le LAT constitue l’un des principaux pôles de recherche en archéologie métropolitaine, de la Préhistoire récente à l’Epoque Moderne. Depuis sa création en 1992, il regroupe des archéologues et des historiens autour de l’étude des relations des sociétés du passé à l’espace. Comment s’articule l’inscription des sociétés dans un environnement et leur propre production d’espace construit ? Quels sont les systèmes de production, d’échanges et de consommation à l’œuvre ? L’originalité de la démarche du LAT est d’aborder ces questions en croisant les sources et les approches des sciences historiques dans la longue durée. L’étude diachronique des transformations des sociétés de la Protohistoire à nos jours s’appuie sur de nombreuses collaborations avec des disciplines des sciences humaines et sociales (géographie, aménagement, droit, économie) et au-delà (géologie, biologie, écologie, informatique, mathématique). Le LAT a noué des collaborations nationales et internationales à travers une approche interdisciplinaire dans le cadre de projets et réseaux nationaux et internationaux (ANR, Europe, Région, GDR, Consortiums HN), mais aussi en accueillant des chercheurs français et étrangers. En outre, le LAT est conventionné avec l’Inrap (Institut national de recherches archéologiques préventives). Par ailleurs, l’implication de chercheurs du laboratoire dans des programmes de recherches archéologiques à l’étranger se traduit par d’étroites collaborations notamment avec l’EFEO sur la ville d’Angkor Thom (Cambodge).
Le LAT est impliqué dans de nombreux réseaux aux niveaux national et international. Il pilote le réseau d’Information sur la Céramique Médiévale et Moderne (Iceramm) et est co-porteur du Consortium Mémoire des Archéologues et des Sites Archéologiques (MASA) labellisé par la Très Grande Infrastructure de Recherche Huma-Num en relation avec la Maison des Sciences de l’Homme Val-de-Loire.
Les spécificités du LAT sont sa pratique de l’archéologie métropolitaine de la Protohistoire au Moyen Âge, l’archéologie urbaine, son approche spatiale dans la longue durée, le croisement des sources, les réflexions épistémologiques et méthodologiques et l’archéomatique. Plus largement, le LAT accueille la formation d’archéologie de l’Université de Tours et est l’équipe d’adossement du parcours « Métiers de l’Archéologie et Archéomatique » au sein du Master « Master Histoire, Civilisation, Patrimoine » de l’École supérieure en Intelligence des Patrimoines de l’Université de Tours. Grace à la présence à l’Université de Tours du seul poste de Maître de conférences en archéozoologie, en dehors de ceux du Muséum national d’histoire naturelle, le LAT a investi dans la constitution d’une ostéothèque.
Le programme du LAT est structuré en quatre axes. Les trois premiers axes sont thématiques, fondés sur la production de données primaires et le quatrième, méthodologique, est transversal au trois autres :
Axe 1 (« Villages, villes et territoires »)
Responsable scientifique : Florian Baret et Jean-Philippe Chimier.
Cet axe regroupe les recherches sur la fabrique de l’espace par les sociétés dans une double perspective diachronique et multi-scalaire. Il est le cadre de production des données archéologiques nouvelles livrées par les travaux de terrain des membres de l’équipe (fouilles et prospections en France et à l’étranger). Son large périmètre couvre d’abord toute la succession des formes et des cadres de l’habitat, de l’unité fonctionnelle au territoire en passant par l’ensemble des marqueurs du développement (ville, habitat rural, habitat groupé, lieu de culte, voie de communication…) qui constituent à chaque période un des réseaux hiérarchisés à mettre en évidence. Il couvre ensuite les conditions environnementales dans lesquelles se déploient les sociétés, en tenant compte de tous les éléments constituant les terroirs anthropisés depuis le Néolithique. Les interactions sociétés/milieux sont interrogées afin d’aborder les dynamiques de l’habitat et la fabrique du paysage dans le temps long selon différentes échelles spatiales. Toutefois, quelques thématiques seront privilégiées afin de mieux percevoir la complexité des analyses à conduire pour rendre compte des transformations des habitats, des territoires et des réseaux en perpétuelle interaction.
Axe 2 (« Archéologie de la construction »)
Responsables : Frédéric Epaud et Thomas Pouyet
L’axe 2 porte sur l’étude de l’architecture et des techniques de construction de la Protohistoire à l’époque moderne. Il s’attache à l’analyse des procédés de mise en œuvre des matériaux (bois, pierre, terre cuite…) et des processus motivant l’évolution architecturale des monuments de l’architecture civile, religieuse et militaire. Ces travaux portent aussi bien sur des constructions en bois ou en pierre que sur celles utilisant une mixité de matériaux. L’objectif de ces recherches est de comprendre l’évolution des techniques de mise en œuvre des matériaux de construction, et des transformations stylistiques et formelles des architectures sur le temps long. Les méthodes d’investigation relèvent de l’archéologie du bâti, la fouille, l’histoire de l’art, la recherche archivistique, l’archéologie expérimentale et l’ethnoarchéologie. Certaines approches, comme la tracéologie, portent la réflexion sur le travail manuel et la gestuelle des artisans, l’emploi des outils ou l’organisation des chantiers.
Archéologie de la construction en bois
L’archéologie de la construction en bois (charpentes de comble, pans de bois, fondations, architectures à poteaux plantés) est abordée de manière diachronique. Une part importante de ces recherches traite, principalement pour le Moyen Âge, des questions touchant au bois d’œuvre (bois utilisés, ressources forestières, sylviculture…), aux techniques de charpenterie (taille des bois, marquages, outils, tracés d’épure…) ainsi qu’à l’évolution des structures de charpentes de l’architecture romane et gothique.
Projet Notre-Dame
L’objectif est d’étudier les forêts et leur gestion au Moyen Âge à travers l’analyse des bois utilisés en grande quantité aux 11e-13e siècles dans les charpentes de cathédrales, notamment dans le cadre du Projet Notre-Dame.
Charpentes romanes et gothiques
Les travaux déjà engagés, comme l’inventaire des charpentes sur des monuments romans et gothiques majeurs (cathédrales) et mineurs (églises rurales) associé à des analyses dendrochronologiques, permettent de définir des jalons tant sur le plan des techniques de charpenterie que sur celui de l’évolution de l’architecture tout matériaux confondus.
Architecture antique et médiévale
L’architecture antique et médiévale des édifices publics et privés en pierre constitue un autre volet de l’axe 2. Les recherches portent sur l’étude des matériaux, le chantier de construction et l’évolution de l’architecture religieuse, militaire et civile.
Axe 3 (« Pratiques sociales, alimentaires et aires culturelles »)
Responsables : Marie-Pierre Horard-Roure et Francesca Di Napoli
L’objectif de l’axe 3 est la compréhension diachronique des mécanismes sociaux, économiques et culturels à travers l’étude des phénomènes de production, d’innovation, de savoir-faire, de mode, de concurrence, de rituel et de croyances. Fondée sur l’accumulation de données robustes produites par des travaux de longue haleine, l’originalité de ces recherches réside dans l’analyse fine de données mobilières volumineuses (artefact et ecofact) qui permet d’aborder la définition, la transformation et la spatialisation des pratiques. Cette démarche implique une approche interdisciplinaire, multi-scalaire et modélisatrice nécessaire à l’étude de sources matérielles en masse.
Les sources mobilisées sont d’une part la céramique et les ossements animaux, d’autre part les autres types de mobilier (pierre, métal, verrerie, objets, terres cuites architecturales) indispensables à une réflexion plus générale sur les pratiques sociales et les aires culturelles. Enfin, l’étude systématique de grandes séries de sépultures pour comprendre le geste funéraire et la structuration des lieux d’inhumation dans la longue durée permet également de caractériser des identités sociales à travers le monde des morts.
Les recherches en archéozoologie, fondées sur des études monographiques de contextes funéraires ou d’habitat et des partenariats avec le GDR 3644 Bioarchéodat, l’école vétérinaire de Nantes et l’UMR Archéozoologie et Archéobotanique (MNHM), portent d’une part sur les processus de production de l’élevage et d’autre part sur l’évolution du statut et de la morphologie de certaines espèces. L’enjeu est d’aborder la relation Homme/Animal par les changements des pratiques d’élevage, des techniques bouchères et de l’alimentation carnée depuis l’âge du Fer. Le cochon, par exemple, est un bon révélateur des pratiques et des choix culturels. Le coq quant à lui est abordé d’un point de vue morphologique pour étudier la discrimination des sexes et détecter l’apparition de races spécifiques toujours présentes. Le chien et le cheval sont deux espèces particulièrement proches de l’homme dont le statut symbolique change à travers le temps et dont l’étude des morphotypes permet, entre autres, d’aborder la question des tabous alimentaires.
Les pratiques alimentaires sont également traitées selon des approches interdisciplinaires, par exemple par le recours à la biochimie (analyses biomoléculaires, isotopiques), afin de caractériser les systèmes d’acquisition, d’élaboration, de transformation, de distribution et de consommation. Les travaux sur les contenants en céramique et leur contenu, l’alimentation carnée et la viticulture sont menés en collaborations avec le pôle alimentation de l’Université François-Rabelais, le pôle avicole de l’INRA Centre-Val de Loire et le VinOpôle. L’objectif est de s’intéresser aux implications sociales, économiques, culturelles et territoriales des choix et des pratiques alimentaires.
Les principaux résultats acquis sur la transformation des pratiques sociales et des aires culturelles à partir des produits manufacturés concernent la caractérisation d’aires culturelles entre le haut Moyen Âge et la période moderne (8 e -17 e siècle) à partir de la céramique. L’analyse de données volumineuses à l’échelle du bassin de la Loire moyenne a permis d’identifier deux grandes aires culturelles (Nord-Est et Sud-Ouest) constituées de plus petites entités économiques en relations étroites avec les principaux centres de consommation urbains, cette bipartition s’inscrivant dans la longue durée, puisqu’elle perdure au moins du 8e au 15e s.
Sur ce plan, l’objectif est de poursuivre les recherches à l’échelle des aires culturelles du Centre-Ouest de la France dans la très longue durée par l’exploitation de nouvelles données céramiques en y intégrant les autres sources mobilières (verre, métal, objets…) et en élargissant la fourchette chronologique aux périodes plus anciennes (néolithique, protohistorique et Antiquité romaine). Le réseau ICERAMM, qui fédère les méthodes et les recherches sur la céramique médiévale et moderne à l’échelle européenne, permet d’accroître la portée de l’étude des aires culturelles à un vaste Nord-Ouest de l’Europe.
Axe 4 (« Archéomatique »)
Responsables : Olivier Marlet et Jean-Baptiste Rigot
L’archéomatique, entendue comme l’informatisation des processus de la recherche archéologique du terrain à la publication, est le pilier méthodologique de l’équipe. À partir des travaux engagés de longue date sur l’informatisation des protocoles d’acquisition, de traitement et de publication des données ainsi que sur la numérisation des archives de fouilles, l’objectif de cet axe est de maintenir une recherche de haut niveau interrogeant tant l’instrumentation que les paradigmes de la discipline afin d’envisager les développements nécessaires à l’archéologie du futur. Les étudiants de master et de doctorat sont formés à la recherche et à son instrumentation de telle sorte qu’ils développent des compétences leur permettant de maîtriser l’intégralité des protocoles d’acquisition et de traitement des données qu’ils manipulent.
L’archéomatique est par définition transverse aux trois axes précédents. Elle est le lieu de production de la recherche méthodologique à la fois appuyée sur les axes et les projets et déployée dans ceux-ci. Elle contient également des projets de recherche spécifiques comme les travaux sur l’interopérabilité des systèmes d’information archéologique et leur inscription dans le web sémantique, le développement de modèles de publications électroniques et la modélisation de l’information archéologique.
Le LAT s’est doté d’outils de traitement et de systèmes d’information appropriés à ses programmes de recherche et développés avec la double volonté d’intégration de la rigueur des méthodes implémentées et de réutilisation par la communauté archéologique. L’informatisation des protocoles nécessite une réflexion fondamentale sur les implications de la dématérialisation des données dans la production de connaissances archéologiques.
Après sa mise en ligne durant le contrat précédent, la poursuite du développement du système d’information archéologique ArSol (Archives du Sol) répond à deux enjeux. Le premier est la dématérialisation de la totalité de l’enregistrement stratigraphique afin d’intégrer au plus tôt les données dans le système d’information et de bénéficier des contrôles de cohérence et de la mise en relation avec l’ensemble des données de la fouille sur le terrain. L’objectif est de faciliter la mise en œuvre des données pour l’étude post-fouille ainsi que l’administration de la preuve depuis les publications mais surtout cette démarche permet de disposer sur le terrain de l’ensemble des données utiles à l’interprétation. L’impact porte donc sur le processus d’interprétation lors de la fouille, autrement dit sur le raisonnement archéologique. Le second concerne la publication des données dans le web sémantique selon une interopérabilité complète. L’interopérabilité est un objectif partagé pour toutes les bases de données du LAT dont le niveau d’avancement a été mesuré sur l’échelle des Five Stars Linked Open Data et les principes FAIR (données Faciles à trouver, Accessibles, Interopérables et Réutilisable) afin d’évaluer ce qu’il reste à faire. L’ambition dans ce domaine est de contribuer à l’émergence d’un secteur de données patrimoniales dans le « nuage des données liées » (Linked Open Data Cloud). L’expérience que nous menons avec ArSol, au sein du consortium MASA (Mémoire des Archéologues et des Sites Archéologiques) de la TGIR Huma-Num, afin de publier les données via l’ontologie de domaine pour les données du patrimoine du CIDOC-CRM (ISO 21127), est étendue à d’autres systèmes. ArSol est ainsi accessible sur le web sémantique via la plateforme OpenArchaeo du consortium MASA. Les systèmes d’information, leur interopérabilité, la publication des données sur le web sont autant d’éléments qui contribuent à l’avenir de la publication archéologique par de nouveaux modes d’édition fondés sur la connexion d’articles de synthèse aux preuves contenues dans les bases de données.
La modélisation des dynamiques spatiales, fondée sur une approche systémique de la production d’espace par les sociétés, s’appuie sur les travaux des géographes augmentés de collaborations étroites avec les archéologues et concerne plus largement plusieurs des disciplines des Sciences Humaines et Sociales. L’étude des dynamiques spatiales implique une attention particulière à la dimension temporelle pour laquelle les outils de représentation et d’analyse sont à élaborer à l’instar de ceux de l’analyse spatiale.
Enfin, une recherche interdisciplinaire entre archéologues et statisticiens est à l’origine de développement de méthodes et d’outils dédiés à l’analyse des données mobilières volumineuses. Les outils implémentés à partir de modèles archéo-statistiques concernent la datation (ceraRdate), la périodisation (hclustcompro) et la spatialisation (mapclust) réalisés dans le cadre du projet SPARTAAS.
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