Mardi 2 avril 2024, 10h00-17h00, Villa Rabelais, 116 boulevard Béranger, Tours
Journée d’étude organisée par Geneviève Guetemme (REMELICE) et Guillaume Etienn (CITERES) dans le cadre du projet MIGRACT (des oeuvres et des actes pour l’éducation inclusie des migrants)
Avec ou sans papier, avec ou sans argent, avec ou sans logement, en transit ou plus ou moins installés dans un espace d’accueil, les migrants doivent manger. Et cette question de la subsistance du corps met en avant la matérialité des frontières, à la fois comme espace de séparation et de tolérance, espace de dangers lorsque la vie est en jeu ou de rencontres transnationales.
Cette journée d’étude abordera la nourriture comme paradigme de recherche essentiel aux études migratoires, capable de présenter très concrètement des espaces et des comportements entre rupture et continuité. Elle reliera goûts, cultures et économie sachant que ce que les migrants choisissent de manger met en évidence les habitudes culturelles et des contraintes fortes. Elle fait également découvrir différentes façons d’habiter et conduit à identifier les pouvoirs et les normes associés aux processus d’intégration.
La question du manger sera ici abordée comme une matrice pour donner corps à la notion de frontière dans son épaisseur et sa temporalité : front, place forte, gardée, surveillée, la frontière est ce lieu où des habitudes se perdent et se gagnent, à la fois fermé et poreux, c’est un espace qui se franchit, se dépasse, et aplanit les différences.
L’association des deux termes « alimentation » et « frontière » interrogera l’effacement, le remplacement, la perte imposés aux populations en mouvement qui mangent vite, mal ou autre. Mais elle identifiera aussi la créativité inhérente à l’interculturalité.
Cette journée montrera que l’entrée par l’alimentation accompagne évolution des études migratoires elles-mêmes en donnant une voix au savoir expérientiel qui accompagne le passage des lignes entre les cultures. Elle montrera que les choix alimentaires des migrants, même limités, rendent compte de leur capacité à rester acteurs de leur migration.
Programme
10h – 10h30 : accueil /café
10h30 – 11h : introduction
11h – 12h30 : échange participatif – des recherches « avec » l’alimentation pour recueillir des données sur les frontières passées ou indépassables en situation de migration
12h30-13h30 – pause / repas libre
13h30-15h : histoires de frontières alimentaires
15h -15h30 : Megan Carney (University of Arizona) “Food and social dynamics in border zones” – « Dynamiques alimentaires et sociales dans les zones frontalières »